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Corrida de rejones

A côté des corridas pédestres, il existe une tauromachie équestre dite " corrida de rejones ".

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Les origines

Du Moyen Age au 18ème siècle, la noblesse espagnole s'est adonnée à la tauromachie. C'était un exercice mi-sportif, mi-guerrier, pratiqué à cheval et lance au poing. Tombée en désuétude, cette pratique aristocratique a été, au 20ème siècle, ressuscitée puis modernisée.
Comme la corrida pédestre, la course de rejones se déroule en trois tercios, c'est-à-dire en trois actes.

PREMIER ACTE : LE TERCIO DE SALIDA

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En pénétrant dans l'arène, le taureau est confronté à un cheval très agile, monté par un homme vêtu à la mode andalouse. Le cavalier tient à la main une arme appelée " rejon de châtiment ". C'est un long manche de bois prolongé par une lame de poignard. L'ensemble a l'aspect d'un javelot.
Le cavalier, dit " rejoneador " ou " caballero en plaza ", provoque le taureau en galopant vers lui. Le cheval, dressé à cet effet, esquive de justesse le coup de corne et, pendant que les deux bêtes se frôlent, l'homme en profite pour clouer son arme entre les épaules du bovin.
Un rejon est conçu pour se casser en deux : la lame reste enfoncée dans la chair tandis que le caballero emporte le manche dans sa main. Après une course-poursuite, le taureau, distancé par le cheval, s'immobilise. Le torero se fait donner un autre rejon, s'élance et plante cette deuxième arme comme la première. A la fin du premier tercio, le taureau porte, fichées entre les épaules, deux ou trois lames d'acier longues de 15cm. Il saigne beaucoup et chaque pas qu'il fait est un supplice.

DEUXIÈME ACTE : LE TERCIO DE BANDERILLES

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Une banderille est un harpon d'acier à manche de bois. La pointe, une fois enfoncée dans la chair, y reste fixée. A chaque mouvement de l'animal, le manche de la banderille se balance, remuant le fer dans la plaie. Cette torture continuelle a pour but de provoquer la colère de l'animal, d'exciter sa combativité, faute de quoi il n'y aurait ni combat ni spectacle.
Le règlement taurin autorise le rejoneador à planter au même taureau quatre banderilles longues et trois courtes. A la fin du deuxième tercio, le supplicié est hérissé de banderilles et épuisé tant par les courses-poursuites que par ses blessures et le sang perdu.

TROISIÈME ACTE : LE TERCIO DE MORT

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Si les rejones de châtiment utilisés au premier tercio sont terminés par des lames de poignard, les " rejones de mort ", eux, ont une lame d'épée. Pour exécuter l'animal blessé, le caballero a droit à trois rejones, donc à trois essais. Après quoi, si le condamné vit encore, le cavalier doit mettre pied à terre pour l’achever ou laisser cette tâche à un autre torero.

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REMARQUES

Les toreros à pied passent pour des héros qui risquent délibérément leur vie. Aucun risque de ce genre dans la tauromachie équestre : servant de boucliers aux cavaliers, ce sont les chevaux qui prennent les coups de corne. Ces accidents ne sont pas rares au cours du spectacle et surtout au cours du dressage qui dure des années.
Pour épargner leurs montures, qui coûtent cher, les rejoneadores n'affrontent en général que des taureaux aux cornes épointées. Cette mutilation (dite " afeitado ") n'est pas, en corrida équestre, une fraude commise secrètement : elle est autorisée par le règlement taurin.

Ces dernières années, les rejoneadores ont pris l'habitude de se mettre à deux contre un seul taureau, ce qui aggrave encore l'inégalité du " combat ".
Enfin, alors que le taureau s'épuise, les cavaliers changent de cheval dès que leur monture se fatigue et ils utilisent en général un cheval différent pour chaque tercio.

CONCLUSION

Les aficionados sont intarissables sur " l'art taurin " mais ce qui les fait vibrer, c'est moins l'élégance d'une véronique que le danger couru par les toreros. Si la course de rejon est moins appréciée et donc beaucoup moins fréquente que la corrida pédestre, c'est sans doute parce que les rejoneadores ne risquent guère leur précieuse petite peau.
Le succès relatif du rejoneo s'explique probablement par la vogue grandissante de l'équitation.