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Tauromachies espagnoles

Affiche anti corrida Béziers, pique, banderilles, épée et...

Le mot tauromachie (en grec, machè = combat) désigne toutes les variétés d'affrontement entre hommes et bovins depuis les plus meurtrières jusqu'aux plus bénignes. Les formes de cet affrontement ont beaucoup varié au cours des siècles et diffèrent beaucoup selon les pays, voire selon les régions. Contrairement à ce qu'on croit souvent, la tauromachie n'est limitée ni à l'Espagne ni aux peuples latins. Ainsi, il existe en Inde des spectacles où des hommes affrontent un taureau à mains nues. L'animal en sort indemne. En revanche, les toréadors indiens y laissent parfois la vie.

Nous nous bornerons ici aux tauromachies européennes pour un premier aperçu sur la multiplicité des spectacles taurins.

Les articles sont accessibles directement par l'index situé au dessus à droite.


La corrida de toros

Une tragédie en trois actes

Une corrida de toros ( dite aussi corrida formelle ) c'est le supplice de six taureaux torturés à mort , l'un après l'autre , par trois équipes de toreros. Chaque équipe ( appelée cuadrilla ) affronte successivement deux taureaux.

 

COMPOSITION DE LA CUADRILLA

Une cuadrilla se compose de six hommes. Chaque taureau affronte donc six hommes à la fois :

- Le matador de toros ( tueur de taureaux ) appelé aussi espada ou diestro ou maestro. C'est le chef d'équipe et la seule vedette du groupe. Ses coéquipiers sont d'obscurs subalternes dont les spectateurs ignorent les noms.

- Deux picadors appelés aussi piqueros, juchés sur de gros chevaux et armés d'une longue pique.

- Trois peones qui manient alternativement la cape et les banderilles.

Six hommes armés, longuement entraînés et agissant de concert contre une bête seule, novice et ignorante de tout, c'est ce que certains appellent un combat à armes égales.
Le supplice d'un taureau se déroule en trois tercios, c'est-à-dire en trois étapes.

PREMIER ACTE : LE TERCIO DE PIQUE

Anti corrida Béziers, le tierco de pique

Quand la bête sort du toril, si elle n'a pas été préalablement affaiblie par des manœuvres frauduleuses (extrémités des cornes coupées, drogue, maladies, etc. ) les hommes n'osent guère se frotter à elle.
Ils se contentent d'agiter leurs capes pour provoquer le taureau de loin et se réfugient, dès qu'il charge, derrière la barrière en bois protectrice qui entoure l'arène.
Pour rendre l'animal toréable, il faut commencer par l'affaiblir.
C'est le rôle des deux picadors qui entrent alors en piste. Leurs montures sont de lourds chevaux de trait cuirassés par un caparaçon à l'épreuve des cornes. Un picador provoque le taureau et, pendant que celui-ci s'efforce de soulever et de renverser le pesant groupe équestre, le cavalier, avec sa longue pique, inflige au taureau une large et profonde blessure dans la région du garrot ( entre les épaules).
Si la bête est invalide (ce qui devient fréquent de nos jours), après le premier coup de pique, les picadors reçoivent l'ordre de se retirer. Si au contraire, le fauve est jugé redoutable, il peut recevoir plusieurs coups de pique. La base de son cou est alors en charpie. C'est à coups de tête qu'un taureau se bat.
Le blesser à la base du cou, c'est le désarmer. La pique atteint souvent aussi les vertèbres dorsales , provoquant une paralysie partielle.
Après ce châtiment( c'est le terme officiel) l'animal épuisé par la lutte, les blessures et le sang perdu risque de s'éteindre c'est-à-dire de ne plus se battre, ce qui mettrait fin au spectacle, à la grande déception du public, qui en veut pour son argent. C'est pourquoi les picadors cèdent alors la place aux peones armés de banderilles.

DEUXIÈME ACTE : LE TERCIO DE BANDERILLES

Anti corrida Béziers, le tierco de banderilles

Les banderilles sont des harpons à manche de bois. L'homme, tenant un harpon à chaque main, provoque, du geste et de la voix, la charge du taureau puis, esquivant la bête, il cloue les deux banderilles sur le garrot déjà blessé par les piques. L'opération se répète. Chaque taureau reçoit ainsi trois paires de banderilles.
Pourquoi des harpons ? Pour que l'arme, une fois enfoncée dans la chair, ne puisse pas s'en détacher. A chaque mouvement de l'animal, les banderilles se balancent, remuant chaque fer dans chaque plaie. D'où une vive douleur, sans cesse renouvelée. Mesure-t-on bien le degré de sadisme qu'il faut pour inventer, fabriquer et employer de tels instruments de torture ?

Rendu furieux par cette souffrance continuelle, le taureau, bien qu'affaibli par ses blessures, se jette sur ses tortionnaires, multiplie les charges, brûlant au combat toutes ses réserves d'énergie.

Quand on ne le juge pas assez combatif, on lui applique des banderilles noires, plus longues et donc plus douloureuses.

Autrefois, aux taureaux mansos( trop pacifiques) on n'hésitait pas à infliger des banderilles de feu dont les brûlures étaient destinées à rendre l'animal fou furieux. Cette époque, heureusement révolue, n'est pas si lointaine et suggère de très sombres réflexions sur le tréfonds du cœur humain
En stimulant ainsi la bête pour mieux l'épuiser , on la prépare pour le dernier acte : la mise à mort.

TROISIÈME ACTE : LE TERCIO DE MORT (DIT AUSSI DE MULETA)

 

Anti corrida Béziers, le tierco de mort

Les peones cèdent la place à leur chef d'équipe : le matador (mot qui signifie tueur). Il est armé d'une épée et d'une muleta (morceau d'étoffe rouge) avec laquelle il attire et dirige les charges du taureau.
A mesure que la bête s'épuise, ses charges se font de plus en plus courtes. Quand l'homme juge que sa victime est à bout de forces et qu'elle est bien placée, il lui fait baisser la tête en lui présentant la muleta au ras du sol et lui plonge son épée dans le garrot, ce garrot déjà martyrisé par les piques et les banderilles.

Anti corrida Béziers, le tierco de mort

L'homme n'étant pas beaucoup plus grand que la bête, il ne peut planter son arme verticalement, mais selon un angle de 45 degrés environ par rapport à l'horizontale. La lame ne peut donc jamais atteindre le cœur. Au mieux, elle tranche de gros vaisseaux sanguins prés du cœur, ce qui, par hémorragie interne, provoque la mort en quelques minutes.
L'adroit tueur est alors applaudi par la foule. Mais souvent, l'arme ne pénètre qu'à demi ou, mal dirigée, sort par le flanc. Souvent aussi elle transperce un poumon. La victime semble alors vomir son sang et meurt asphyxiée. Quand le premier coup d'épée ne tue pas assez vite, un peon se glisse derrière le taureau et, d'un geste vif, retire l'épée.
Il la rend au matador qui recommence la mise à mort. Il n'est pas rare que des taureaux reçoivent ainsi plusieurs coups d'épée. C'est fréquemment le cas dans les novilladas, corridas où s'affrontent de très jeunes taureaux et des matadors débutants plus ou moins maladroits.

Anti corrida Béziers, le tierco de mort

Anti corrida Béziers, mise à mort puntilla

Dans tous les cas , un coup de grâce est donné à la nuque pour toucher le bulbe rachidien , avec une épée spéciale (descabello) ou un poignard (puntilla).Plusieurs dizaines de coups sont parfois nécessaires pour achever le moribond. Il ne reste plus qu'à faire venir un attelage de chevaux ou de mules (arrastre) pour traîner le cadavre hors de la vue du public. Les valets de pistes (areneros) avec des râteaux, effacent les traces de sang sur le sable et on peut ouvrir la porte du toril à la victime suivante.


Depuis l'entrée en piste de chaque taureau et la sortie de son cadavre, il s'écoule environ vingt à trente minutes. Une corrida dure deux heures au moins.
Il paraît que cette succession de supplices constitue le plus beau spectacle du monde...


Corrida de rejones

A côté des corridas pédestres, il existe une tauromachie équestre dite " corrida de rejones ".

Anti corrida béziers, corrida rejon avec respect

Les origines

Du Moyen Age au 18ème siècle, la noblesse espagnole s'est adonnée à la tauromachie. C'était un exercice mi-sportif, mi-guerrier, pratiqué à cheval et lance au poing. Tombée en désuétude, cette pratique aristocratique a été, au 20ème siècle, ressuscitée puis modernisée.
Comme la corrida pédestre, la course de rejones se déroule en trois tercios, c'est-à-dire en trois actes.

PREMIER ACTE : LE TERCIO DE SALIDA

Anti corrida béziers, corrida rejon à cheval

En pénétrant dans l'arène, le taureau est confronté à un cheval très agile, monté par un homme vêtu à la mode andalouse. Le cavalier tient à la main une arme appelée " rejon de châtiment ". C'est un long manche de bois prolongé par une lame de poignard. L'ensemble a l'aspect d'un javelot.
Le cavalier, dit " rejoneador " ou " caballero en plaza ", provoque le taureau en galopant vers lui. Le cheval, dressé à cet effet, esquive de justesse le coup de corne et, pendant que les deux bêtes se frôlent, l'homme en profite pour clouer son arme entre les épaules du bovin.
Un rejon est conçu pour se casser en deux : la lame reste enfoncée dans la chair tandis que le caballero emporte le manche dans sa main. Après une course-poursuite, le taureau, distancé par le cheval, s'immobilise. Le torero se fait donner un autre rejon, s'élance et plante cette deuxième arme comme la première. A la fin du premier tercio, le taureau porte, fichées entre les épaules, deux ou trois lames d'acier longues de 15cm. Il saigne beaucoup et chaque pas qu'il fait est un supplice.

DEUXIÈME ACTE : LE TERCIO DE BANDERILLES

Anti corrida béziers, corrida rejon, les banderilles

Une banderille est un harpon d'acier à manche de bois. La pointe, une fois enfoncée dans la chair, y reste fixée. A chaque mouvement de l'animal, le manche de la banderille se balance, remuant le fer dans la plaie. Cette torture continuelle a pour but de provoquer la colère de l'animal, d'exciter sa combativité, faute de quoi il n'y aurait ni combat ni spectacle.
Le règlement taurin autorise le rejoneador à planter au même taureau quatre banderilles longues et trois courtes. A la fin du deuxième tercio, le supplicié est hérissé de banderilles et épuisé tant par les courses-poursuites que par ses blessures et le sang perdu.

TROISIÈME ACTE : LE TERCIO DE MORT

Anti corrida Béziers, corrida rejon, la mise à mort

Anti corrida Béziers, corrida rejon, la mise à mort

Si les rejones de châtiment utilisés au premier tercio sont terminés par des lames de poignard, les " rejones de mort ", eux, ont une lame d'épée. Pour exécuter l'animal blessé, le caballero a droit à trois rejones, donc à trois essais. Après quoi, si le condamné vit encore, le cavalier doit mettre pied à terre pour l’achever ou laisser cette tâche à un autre torero.

Anti corrida Béziers, corrida rejon, la mise à mort à pied

REMARQUES

Les toreros à pied passent pour des héros qui risquent délibérément leur vie. Aucun risque de ce genre dans la tauromachie équestre : servant de boucliers aux cavaliers, ce sont les chevaux qui prennent les coups de corne. Ces accidents ne sont pas rares au cours du spectacle et surtout au cours du dressage qui dure des années.
Pour épargner leurs montures, qui coûtent cher, les rejoneadores n'affrontent en général que des taureaux aux cornes épointées. Cette mutilation (dite " afeitado ") n'est pas, en corrida équestre, une fraude commise secrètement : elle est autorisée par le règlement taurin.

Ces dernières années, les rejoneadores ont pris l'habitude de se mettre à deux contre un seul taureau, ce qui aggrave encore l'inégalité du " combat ".
Enfin, alors que le taureau s'épuise, les cavaliers changent de cheval dès que leur monture se fatigue et ils utilisent en général un cheval différent pour chaque tercio.

CONCLUSION

Les aficionados sont intarissables sur " l'art taurin " mais ce qui les fait vibrer, c'est moins l'élégance d'une véronique que le danger couru par les toreros. Si la course de rejon est moins appréciée et donc beaucoup moins fréquente que la corrida pédestre, c'est sans doute parce que les rejoneadores ne risquent guère leur précieuse petite peau.
Le succès relatif du rejoneo s'explique probablement par la vogue grandissante de l'équitation.


Capea, Becerrada, Bolsin

Initiation des enfants et des grands...

Anti corrida Béziers, corrida d'un veau par un enfant

Anti corrida Béziers, Michelito, l'enfant Toréador

Anti corrida Béziers, enfants et corrida

Anti corrida Béziers, enfants et corrida

 

Anti corrida Béziers, capea, becerrada, bolsin enfants

CAPEA

C'est un simple jeu sans effusion de sang.
Donné dans une petite arène, ce spectacle met aux prises des génisses et de tout jeunes apprentis-toreros.
Ces derniers ne sont armés que d'un " capote ", ample morceau d'étoffe taillé à la manière des manteaux sans manche d'autrefois. A l'aide de ce leurre, les toreros provoquent, dirigent et dévient les charges des génisses.
Quand l'apprenti maîtrise à peu près le maniement du " capote ", il peut participer à des " becerradas ".

 

BECERRADA

Elle utilise des " becerros " (veaux). Ces veaux sont travaillés au capote. Puis on leur cloue sur l'échine plusieurs paires de banderilles pour exciter leur colère et leur combativité. Le spectacle peut se terminer par une mise à mort à l'épée et au poignard. A défaut les veaux sont ramenés au toril. On leur arrache les banderilles ( Imaginez qu'on vous arrache des harpons plantés dans votre dos !), on rembarque les veaux dans un camion et on les transporte à l'abattoir voisin.

 

BOLSIN

C'est une compétition entre apprentis toreros. Le premier jour, les concurrents rivalisent dans le cadre d'une capea. Le lendemain les meilleurs capeadores s'affrontent dans le cadre d'une becerrada. Chaque année, le village français de BOUGUE (département des Landes) organise un bolsin. D'autres ont lieu irrégulièrement dans diverses localités françaises.


Novillada sans picador

C'est le degré suivant de l'apprentissage. Ce spectacle utilise des " erales " (taurillons de deux ans). Les animaux sont travaillés au capote, banderillés, puis tués à l'épée et au poignard. Vu l'inexpérience et la maladresse des apprentis tueurs ces exécutions sont souvent d'horribles boucheries. Il n'est pas rare qu'un eral reçoive plusieurs dizaines de coups d'épée et de poignard avant d'expirer.
Après une dizaine au moins de novilladas sans picadors, l'apprenti torero peut participer à des novilladas piquées.


Novillada piquée

C'est une corrida intégrale ( picadors, banderilles et mise à mort). C'est pourquoi on l'appelle aussi corrida de novillos. Les novillos sont de jeunes taureaux de trois ans. On appelle " novilleros " les toreros qui participent à ces spectacles. Après une dizaine au moins de novilladas piquées, l'apprenti, au cours d'une cérémonie dite " alternative ", accède au rang de matador de toros. Il peut désormais exécuter des bêtes adultes âgées de quatre ans.


Festival taurin

Il comporte les principaux ingrédients d'une corrida : picadors, banderilles, mise à mort.
Il se distingue néanmoins de la corrida de toros à plusieurs égards :
Dans un festival, les matadors ne reçoivent aucune rémunération. En échange, les organisateurs s'arrangent pour réduire à rien le danger couru par les toreros.
Les animaux suppliciés ont presque toujours moins de quatre ans. Ce sont donc des novillos et non de vrais taureaux. Les cornes sont systématiquement " afeitées ", c'est-à-dire épointées à la scie et à la lime.

Anti corrida Béziers, afeitado

Au lieu d'affronter deux adversaires successivement comme en corrida, chaque matador ne tue qu'une seule bête.
Les matadors de festival sont souvent des toreros retraités qui reprennent du service à cette occasion. Comme pour montrer que le festival est une corrida au rabais, les matadors n'y portent pas le luxueux habit de lumière mais un simple costume de paysan andalou. Les bénéfices d'un festival, au lieu d'être empochés par l'organisateur, sont officiellement destinés à une cause quelconque : la famille d'un torero défunt, une école de corrida, etc.
En France, la tendance actuelle est d'organiser des festivals au profit de causes humanitaires : victimes d'inondations, recherche médicale, etc.
Le milieu taurin cherche ainsi à améliorer sa réputation. Surtout, il cherche à attirer ainsi aux arènes un public plus large que les seuls amateurs d'hémoglobine.
Si on vous sollicite, ne vous laissez pas piéger. Le prix de revient d'un festival a beau être restreint, cette tauromachie méprisée par les connaisseurs, attire très peu de monde et ne produit pas non plus de bénéfices.
Versez directement aux causes qui vous tiennent à cœur. Si vous achetiez un billet de festival taurin, votre argent servirait surtout à rentabiliser un spectacle déficitaire.



Encienro

Anti corrida Béziers, encienro

L'encierro au sens strict est pratiqué dans très peu de villes espagnoles, principalement à Pampelune (Pays Basque). Les taureaux destinés à une prochaine corrida, au lieu d'être transportés en camion jusqu'aux arènes, sont lâchés dans les rues. Des barrières métalliques obligent les animaux à suivre un itinéraire qui les conduit aux arènes. Des jeunes gens jouent à se faire peur en courant à pied devant les animaux. Les coureurs rivalisent à qui se laissera approcher par les taureaux au point de sentir leur souffle dans le dos.

Anti corrida Béziers, encienro

Des coureurs téméraires courent même parfois parmi les taureaux. Les accidents graves sont monnaie courante.

Anti corrida Béziers, encienro


Ferrade

Des cow-boys capturant des veaux au lasso, les plaquant brutalement au sol et leur liant les pattes avant de les marquer au fer rouge, nous avons tous vu ces images de western . Violences révolues ? Non : Le marquage à feu, inconnu chez nous pour les vaches laitières et les animaux de boucherie, reste systématique en Espagne et en France pour les bovins de " combat ". La brûlure est même quadruple : outre la marque distinctive de l'élevage (dite " fer de l'éleveur ") imprimée sur la cuisse, on ajoute, sur la croupe, la marque du syndicat auquel adhère l'éleveur. Pour que l'âge de l'animal soit indiscutable, la réglementation impose le marquage à feu, sur l'épaule droite, du dernier chiffre de l'année de naissance. Par exemple un 8 pour tous les veaux nés en 1998. Enfin, si 57 jeunes sont venus au monde, cette année, dans tel élevage, chaque veau recevra sur le flanc un numéro d'ordre (dit numéro de " camada ") allant de 1 à 57.
Ce sont donc au total quatre marques qui sont imprimées, le même jour, sur chaque veau. Le quotidien " La Marseillaise ", le 14/08/1994, donnait froidement les détails suivants : " Pour que les marques subsistent, il faut brûler assez profondément. On soigne donc les blessures avant de relâcher l'animal pour éviter tout risque d'infection ". Après toutes ces opérations, on pourrait croire que le jeune animal est suffisamment identifié. Erreur : il va recevoir une cinquième marque. Chaque propriétaire tient en effet à ce que ses bêtes soient identifiables comme étant les siennes au seul aspect de ses oreilles. On sculpte donc au couteau ou aux ciseaux, sans anesthésie, les oreilles des veaux pour leur donner un contour particulier à chaque élevage. Cette marque à l'oreille (appelée " escoussure " en France et " señal " en Espagne) se fait le même jour que le marquage à feu. L'ensemble des cinq opérations donne lieu, chaque année, à une fête et, de plus en plus, ce spectacle (repas compris) est vendu aux touristes dans le Midi de la France, sous le nom de " ferrade ".

Peut-être croyez-vous que cette ignominie est propre aux producteurs de bovins de corrida ? Détrompez-vous : tous les manadiers, c'est-à-dire les éleveurs de bovins de race camarguaise ( loués pour divers " jeux " sans mise à mort) organisent eux aussi leur ferrade . Certains en tirent le plus clair de leur revenu et sont, pour cette raison, appelés " ferradiers ".

Peut-être croyez-vous aussi que le marquage à feu est réservé aux bovins ? Détrompez-vous encore : les chevaux utilisés par les gardiens de troupeaux (qu'il s'agisse de bovins de corrida ou de race camarguaise), ces chevaux sont tous marqués à feu.

Ces pratiques barbares, odieuses, injustifiables, sont-elles compatibles avec la loi française qui réprime les sévices et actes de cruauté envers les animaux domestiques ? Les images de ferrade, les publicités pour ferrade s'étalent dans la presse comme s'il ne s'agissait pas de séances de torture.


Corrida privée

La corrida privée a lieu chez un éleveur, dans une arène de tienta, sans aucun public ou pour quelques dizaines de spectateurs venus sur invitation personnelle.
Les toreros sont soit des professionnels qui s'entraînent ainsi à torturer et à tuer, soit des amateurs qui veulent jouer au toréador.

Les animaux suppliciés à cette occasion sont de pauvres bêtes qu'une tare physique ou psychologique rend invendables pour une corrida publique. On les achète à bas prix pour les massacrer, puis on se rembourse en vendant leur viande à des bouchers.

Ces tueries clandestines étant perpétrées sans aucune publicité, leur nombre annuel est impossible à évaluer. Il est seulement certain qu'elles sont bien plus nombreuses que les corridas publiques annoncées par affiches et par les médias. Surtout en début de carrière, les toreros professionnels, pour s'entraîner, tuent beaucoup plus en privé qu'en public.

L'absence de caméras et de photographes permet toutes les dérives auxquelles peut conduire un sadisme sans frein. On imagine les atrocités auxquelles se livrent les bourreaux sous prétexte de se faire la main.


Fiesta campera

Anti corrida Béziers, cruauté pour le plaisir

C'est une " fête champêtre " organisée chez un éleveur de taureaux par un club taurin pour le plaisir de ses adhérents. Un banquet au milieu de la journée sert d'entracte entre les brutalités commises sur des bovins le matin et les sévices infligés à d'autres bovins l'après-midi. Ces brutalités et sévices varient beaucoup d'une fête à l'autre, allant de la ferrade à la corrida privée, selon les goûts et les moyens des organisateurs.

 


Tauromachie villageoise

De nombreux villages espagnols, à l'occasion de leur fête patronale, s'amusent à martyriser des bovins.
Ici, on lâche un taureau dans les rues et la foule, courageusement abritée derrière des barrières métalliques, crible l'animal de fléchettes.

Anti corrida Béziers, cruauté pour le plaisir

Ailleurs, on fixe aux cornes d'un taureau deux paquets de matière combustible.

Anti corrida Béziers, cruauté pour le plaisir

On y met le feu et l'animal, terrorisé par les flammes, cherche à leur échapper en courant dans les rues jusqu'à épuisement.
Ce spectacle charitable, connu sous le nom de " Toro de fuego ", se rencontre même en France où on l'organise pour distraire des touristes.


 

Tienta

On appelle « tienta » l’épreuve de sélection à laquelle chaque éleveur de taureaux de combat soumet toutes ses génisses quand elles atteignent l’âge d’un an environ. Il s’agit pour l’éleveur d’évaluer chaque génisse pour déterminer si elle a les qualités physiques et mentales pour devenir mère de bons taureaux de combat. Chaque éleveur possède une minuscule arène privée en vue des tientas.
L'épreuve de sélection imite les phases essentielles d'une corrida. Les génisses, outre l'épreuve du capote et de la muleta, sont éprouvées par un picador qui mesure, à coups de pique, leur réaction à la douleur et leur agressivité.La tienta comporte 3 phases : épreuve du picador pour tester la bravoure et l’agressivité de la génisse, épreuve du capote et épreuve de la muleta pour tester la qualité de la charge. Ainsi une génisse assez intelligente pour comprendre que son ennemi n’est pas le chiffon rouge qu’on lui présente mais l’homme qui agite ce chiffon et qui chargerait l’homme au lieu de charger le chiffon, une telle génisse n’est pas conservée comme génitrice mais envoyée sans délai à l’abattoir. En effet un « bon » taureau de corrida est un handicapé mental qui doit, cent fois de suite,  jusqu’à épuisement complet, foncer sur tous les leurres en étoffe rose ou rouge qu’on lui tend sans jamais s’en prendre à l’homme. Le torero peut ainsi diriger tous les mouvements de l’animal, le faire passer à son gré à droite ou à gauche, autour de lui ou contre lui, le tout sans aucun danger puisque la bête, fascinée par le leurre, n’a pas un regard pour le torero.

Autrefois simple travail saisonnier comme le labour et les semailles, la tienta est progressivement devenue un spectacle à part entière pour lequel les amateurs paient parfois une entrée.

La pub appelle ça un « combat » et on voudrait que nous considérions les toreros comme des héros.
Les tientas sont de plus en plus souvent offertes en spectacles aux  membres des clubs taurins et aux touristes dans le cadre des « ganaderias » (fermes d’élevage)  
Le 12 août 2009, veille de la feria, une tienta est programmée dans les arènes de Béziers. L’entrée sera gratuite. Il s’agit pour les organisateurs d’attirer par la gratuité de jeunes spectateurs et de renouveler si possible le public vieillissant de la corrida.
L’entrée sera gratuite…tiens, tiens. Ca ne vous donne pas des idées, des envies ? Dans l’affirmative, faites-nous savoir lesquelles…

Il serait trop long de passer en revue tous les supplices infligés à des animaux par certains villages pour la fête de leur saint patron.

Arrêtons ici la visite du musée de ces horreurs tauromachiques.