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Réponses aux tauromaniaques
Les taureaux ne souffrent pas
L'arène vaut mieux que l'abattoir
La corrida, duel loyal
L'héroïsme des toreros
L'argument de la tradition
Fascination des artistes
Un art majeur
La quintessence de la culture méridionale
La race des toros de combat
Défoulement des pulsions
Pas de Féria sans corrida
Anti-corridas intolérants
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L'ARGUMENT DE LA TRADITION

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La corrida serait une tradition si ancienne que ses origines se perdraient dans la nuit des temps. Et toute vieille tradition serait vénérable, voire sacrée.

A ce mensonge, notre réponse est triple :

A/ La corrida, loin d'être une coutume immémoriale, est de création récente. Jusqu'au XVIIIe siècle, la tauromachie ne fut pas un métier mais un exercice mi-sportif, mi-guerrier.

Des nobles à cheval s'exerçaient à tuer des taureaux à coups de lance. En 1700, le Français Philippe d'Anjou monta sur le trône d'Espagne. Pour plaire au souverain qui détestait la tauromachie, la noblesse cessa de toréer. Sans souci des traditions…

A côté de la pratique aristocratique qui disparaissait ainsi, existait alors un divertissement populaire :

- Dans un espace clôturé, on lâchait un taureau et quiconque voulait étaler son courage pouvait affronter l'animal dans un combat dépourvu de toute règle. Le bovin se débattait mais finissait par succomber sous le nombre de ses bourreaux comme un sanglier acculé par une meute de chiens. Nous étions donc bien loin de la corrida actuelle.

C'est seulement vers 1800 que la tauromachie espagnole commença à ressembler à la corrida d'aujourd'hui avec toreros professionnels et début de réglementation. Nul alors ne se souciait d'esthétique. Aux toreros on demandait seulement d'avoir assez de courage et d’agilité pour affronter des bêtes qu'on souhaitait féroces.

La vedette du spectacle n'était pas alors le matador mais le picador. Les montures n'étaient protégées par aucun caparaçon et elles étaient souvent éventrées et renversées. On cite des taureaux ayant massacré une dizaine de chevaux avant d'être eux-mêmes mis à mort. Ces atrocités passionnaient le public bien plus que les prestations des banderilleros et du matador, acteurs moins spectaculaires. Les étripages de chevaux finirent par éveiller la pitié du public et l'indignation des touristes étrangers. En 1928, le dictateur espagnol Primo de Rivera imposa la protection des chevaux par un caparaçon matelassé. Des chevaux de trait, plus lourds et plus difficiles à culbuter, remplacèrent les maigres chevaux de selle du siècle précédent. L'engagement des picadors perdit ainsi son caractère dramatique et l'intérêt du public se déplaça des cavaliers aux piétons. La corrida-carnage se transformait en un nouveau spectacle à prétention chorégraphique dont le matador devenait la seule vedette.

Et l'évolution continue sous nos yeux :

- Les picadors sont devenus les acteurs les plus impopulaires de la « Fiesta brava ». Dès leur entrée en piste, ils sont parfois hués par une partie du public. La prochaine mutation de la corrida sera peut-être la disparition du tercio de pique.

Bref, loin d'être un vieux rituel figé, la corrida est une création récente et en évolution permanente. Elle ne cesse de se renier elle-même, offrant un parfait exemple du mépris des traditions.

B/ Notons que la guerre, le cannibalisme, l'esclavage, le machisme, la pédophilie sont des traditions infiniment plus anciennes que la corrida. Est-ce une raison pour les honorer et les perpétuer ?

C/ Aucun progrès n'est possible sans l'abandon d'une coutume. S'il fallait s'en tenir aux traditions, nous vivrions encore comme nos lointains ancêtres pithécanthropes. Or, les amateurs de banderilles ne semblent pas regretter l'âge des cavernes : ils s'abonnent à CANAL+, se baladent avec un téléphone portable et utilisent abondamment Internet.

Mesdames et Messieurs les tauromaniaques, vous êtes les premiers à vous asseoir sur les traditions.