Accueil Psychologie tauromachique
Index de l'article
Psychologie tauromachique
Réalisateurs d'affiches
Vrais et faux aficionados
Mansos, lâcheté ?
Toristes et toréristes
Notables de Béziers
Le snobisme taurin
L'affairisme taurin
Toutes les pages

Psychologie tauromachique

Abolition de la corrida béziers, les occitans sont pacifistes, la torture n'est pas leur culture.

Qui sont les tauromachiques, quelles sont leurs motivations ?

Les articles sont accessibles directement par l'index situé au dessus à droite.


Les réalisatueurs d'affiches pour la féria, et donc la corrida.

Affiche de la féria 2010 de Béziers

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Midi libre, le 1er avril dernier, a ouvert un débat sur les affiches municipales annonçant chaque année la prochaine feria de Béziers. Le COLBAC donne ici sa première contribution.

« Les spectateurs de corrida sont pour la plupart non pas des sadiques mais seulement des snobs auxquels la publicité a fait avaler que les boucheries-charcuteries des arènes seraient des rendez-vous hautement artistiques et culturels, fréquentés par la meilleure société.

Pour attirer les snobs, l’affiche feria est, sinon dessinée, du moins toujours signée par une personne  à la mode : l’architecte mondain Jean Nouvel (voir nos articles), le couturier Christian Lacroix, le mannequin vedette Inès de la Fressange, etc.

Comme les élites dignes de ce nom refusent de se salir en frayant avec le milieu taurin, les affiches feria, reflétant leurs médiocres concepteurs, ne brillent jamais ni par leurs scrupules, ni par leur délicatesse. En 2002, sur l’affiche municipale, la vierge Marie et l’enfant Jésus surmontaient une image de corrida, suggérant ainsi sans vergogne que la torture et la mort violente seraient des pratiques pleines de charité chrétienne. En 2008 la mairie ne put trouver mieux que la vulgarité, la répugnante grossièreté de François Girbaud. Pendant 5 ans la Mairie dut se contenter du peintre Fernando Botero dont les formes lourdes et les personnages adipeux couperaient l’appétit même à un picador. On a les plasticiens qu’on mérite. »

Pour le COLBAC (Comité de liaison pour l’abolition de la corrida)

Robert CLAVIJO


VRAIS ET FAUX AFICIONADOS

Christophe Hondelatte, journaliste de radio et de télévision, est natif de Bayonne, la plus ancienne cité taurine de France : c’est à Bayonne, en 1853, qu’eut lieu la première corrida organisée en France. Très attaché à sa ville natale, Christophe Hondelatte y retourne presque chaque semaine, chaque fois que son métier le lui permet. En 2009 il a accordé à une revue taurine un entretien où il déclare notamment qu’à Bayonne, pour être reconnu comme un Bayonnais authentique, il faut réunir 3 conditions :

Participer aux fêtes de Bayonne (ce qui implique de porter l’uniforme blanc à foulard rouge des fêtards locaux)
Assister aux matches de rugby
Assister aux corridas

Si on n’est pas amateur de corridas, déclare l’interrogé, on n’est pas vraiment considéré comme Bayonnais. « On va donc souvent à la corrida pour se compter, pour pouvoir dire : « je suis de ce petit univers ».Tout ça est assez agaçant. »conclut Christophe Hondelatte.

Ce qui est dit ici de Bayonne pourrait être dit d’autres villes taurines. Que devons-nous en conclure ?
Comme l’abeille ou la fourmi, l’homme est un animal social qui a besoin de s’intégrer dans la société où il vit. Nous avons besoin d’être acceptés, reconnus et même appréciés par notre entourage. A cette fin nous nous soumettons à des coutumes, nous adoptons des comportements, nous affichons des goûts qui ne sont pas les nôtres. D’après la revue taurine « Tendido » la France entière ne compte pas plus de cinq mille amateurs sincères de corrida aimant la corrida pour elle-même. La grande majorité des spectateurs n’assiste donc pas à ce spectacle par passion tauromachique mais pour d’autres raisons.
Les propos d’Hondelatte fournissent un tremplin à la réflexion. Fréquenter les arènes, c’est manifester non seulement qu’on est intégré à une certaine société mais surtout qu’on appartient à la « bonne » société. En effet le prix de plus en plus élevé des places de corrida exclut de ce spectacle les couches populaires. Se montrer dans une arène c’est donc afficher « qu’on a réussi » dans la vie. D’autre part  la corrida se prétend un spectacle de grande valeur esthétique et culturelle. Se montrer dans une arène c’est donc aussi afficher qu’on appartient une élite esthético-culturelle.


MANSOS, lâcheté ?

Quand on offre au milieu taurin la possibilité de débattre avec des anticorridas dans le cadre d’une émission de télé ou de radio, il se dérobe désormais systématiquement. Les exemples de dérobades ne se comptent plus.

Voici le dernier: le 09/06/09 une  chaîne de télé accessible uniquement sur internet (www.JRTV.info) organisait un débat entre partisans et adversaires des corridas. Thierry Hély (FLAC) et Robert CLAVIJO (COLBAC) ont accepté d’emblée de participer sans même demander à qui ils seraient opposés. Mais aucun amateur de banderilles n’a accepté de les affronter. Le débat a donc été remplacé par un entretien. Les aficionados exaltent à tout propos le courage, la bravoure, les mâles vertus du combat. Mais ils n’ont pas assez de cran pour nous affronter même dans une joute verbale. Ils appellent « mansos » les taureaux qui refusent le combat. Mansos les aficionados ?


TORISTES ET TORERISTES

Parmi les " aficionados ", c'est-à-dire les amateurs de corridas, un conflit ancien et permanent oppose " toristas " et " toreristas ".

Les " toreristas ", ou amateurs de toreros, ne se rendent aux arènes que pour admirer l'art des toréadors et pour applaudir à la victoire de l'homme sur la bête.
Le taureau n'est à leurs yeux que le faire -valoir des hommes en habit de lumière. A la gloire de leurs idoles, les " toreristas " constituent des associations d'admirateurs appelées " peñas " : peña Nimeño II, peña Cesar Rincon, etc.

Au contraire, les " toristas ", ou amateurs de " toros ", ne fréquentent les arènes que pour admirer ces animaux auxquels ils vouent un culte.
Ce qu'ils demandent au toréador, c'est de mettre en valeur les qualités de la bête :Force, Bravoure, Ardeur, Inlassable combativité.

Ils haïssent et dénoncent les manipulations frauduleuses par lesquelles on amoindrit les taureaux pour les rendre moins dangereux : cornes sciées, drogues, aliments artificiels générateurs d'obésité, coups de pique délibérément mal placés qui rendent les taureaux invalides dès le début du combat, etc.
Si les " toreristas " ont fait la gloire de Manolete, du Cordobes et de Curro Romero, les " toristas " ont fait la gloire de certains éleveurs : Miura, Palha, Victorino Martin, Dolores Aguirre, qui produisent les taureaux les plus redoutés de la péninsule ibérique.

Majoritaires parmi les " aficionados ", les " toreristas " contrôlent la plupart des arènes et des publications taurines.

Parmi les rares arènes françaises à dominante toriste, la plus ancienne est Vic-Fezensac (Gers). La plus réputée actuellement est Céret (Pyrénées Orientales).
L'orientation toriste d'Alès (Gard), très récente, reste à confirmer. Parce que les " figuras " (toréadors vedettes) refusent d'affronter du bétail dangereux, les arènes toristes ne programment que des toreros moins connus qui, pour acquérir la gloire qui leur manque, acceptent d'affronter les animaux issus des élevages les plus redoutés .

Parmi les nombreux périodiques taurins, un seul, depuis la disparition du mensuel " Tendido ", a une orientation toriste déclarée : la revue " Toros " (Nîmes)

Les toristes sont accusés d'être des brutes attardées, nostalgiques de la corrida-carnage du siècle dernier. On leur reproche d'être insensibles à l'art et à la beauté, de n'aimer que les bulldozers encornés massacrant tout sur leur passage.
En somme ils voudraient transformer les arènes en " Jurassic park ".

Les toristes répondent que les fraudes commises portent atteinte à " l'éthique " de la corrida et génèrent un spectacle sans émotion ni attrait, fade et donc condamné à disparaître.

Les toristes sont si déçus par l'évolution actuelle de la corrida que certains finissent par déserter les arènes.
N'en concluons pas qu'ils sont proches de nous, même quand, par révolte contre les fraudes, ils se disent à deux doigts d'adhérer à la S.P.A.

Ce sont au contraire des spectateurs féroces, pleins de mépris pour les animaux faibles ou pacifiques et insensibles aux souffrances d'autrui.
Dans les trois " tercios " de la corrida, ils privilégient le premier parce que la force et la bravoure d'un taureau se manifestent surtout quand il culbute les lourds chevaux des picadors et quand il s'acharne contre eux malgré les terribles blessures et les horribles souffrances qu'inflige la pique.


LES NOTABLES BITERROIS ET LES CORRIDAS

Si la corrida n'est guère appréciée par les gens de condition modeste, elle est à la mode parmi les cadres supérieurs, les chefs d'entreprises, les professions libérales et les politiciens.
Pourquoi cette différence d'attitude ?
Pour répondre à cette question le COLBAC a réuni, le 10/04/00, dans l'agréable salle de réunion du café " La comédie " (allées Paul-Riquet) des personnes appartenant à la meilleure société biterroise.

Nous avons reçu d'elles des informations d'un grand intérêt et nous les en remercions très cordialement.


LE SNOBISME TAURIN

Dans la première moitié du 20ème siècle, l'Espagne, en France, était méprisée et la corrida très critiquée. Un retournement d'opinion a eu lieu par la suite. Cette vague, qui a fini par mettre la corrida à la mode, est entièrement fabriquée par les media.
Une mode d'ailleurs superficielle: les media parlent beaucoup de passion tauromachique mais n'ont pas allumé de passion véritable.
En revanche, attendu que radios, journaux et télé présentent la corrida comme un spectacle hautement culturel et artistique dont le raffinement, la subtilité échapperaient aux esprits vulgaires, les parvenus, les snobs jugent préférable de se dire aficionados.
Suivisme moutonnier. Simple vernis qui s'écaille quand on discute un peu avec ces gens.
Pour les snobs la corrida est une bénédiction. Jadis, pour avoir une réputation de personne distinguée et raffinée, il fallait acquérir une vaste culture littéraire et artistique, être brillant causeur.

Aujourd'hui, à Béziers, il suffit de se montrer dans les arènes, d'applaudir les véroniques du matador, d'employer quelques mots espagnols du jargon tauromachique et on passe à peu de frais pour une personne de goût , appartenant à la bonne société.
Aux USA, quand un nouveau riche donne une réception, il a un moyen simple et efficace pour attirer beaucoup de monde chez lui : il paie une personnalité en vogue (par ex Sharon Stone) pour qu'elle assiste à sa soirée. Il annonce sa présence sur les bristols d'invitation et tous les snobs affluent chez lui pour approcher la vedette. A Béziers, dans ce cas, ce n'est pas à Sharon Stone qu'on fait appel mais à un matador.
Dans le bulletin du COLBAC de janvier 2000, nous nous demandions pourquoi la caisse d'épargne avait cru devoir, en mars 1999, donner une réception en l'honneur du matador Richard Milian.

Est-ce le rôle de l'Ecureuil de promouvoir la tauromachie?
Nous n'avions pas compris: l'hommage à Richard Milian n'était qu'une ruse pour faire venir le torero et sa présence était un appât pour attirer le tout-Béziers à la réception.

On voit par cet exemple comment le snobisme taurin est un instrument utilisé par des hommes d'affaires sans scrupule.


L'AFFAIRISME TAURIN

Corridas et ferias sont devenues des lieux privilégiés de rencontre entre hommes d'affaires, politiciens et journalistes. De multiples contacts se nouent.
De grandes entreprises louent à prix d'or des loges aux arènes (comme on louait autrefois une loge à l'Opéra) pour y inviter leurs clients actuels et potentiels.
Dans les " bodegas ", l'alcool, la bonne chère, l'ambiance festive facilitent les négociations d'affaires.
Les grands rassemblements des ferias sont aussi pour beaucoup d'entreprises l'occasion de faire leur publicité en touchant des foules considérables.
Ainsi Paul Ricard et le Midi libre dont la pub s'étale partout, jusque sur les réverbères.

Nos décideurs économiques et politiques sont soucieux du rayonnement de Béziers.
Or il paraît que si Béziers est connu en France et à l'étranger, c'est grâce au vin, au rugby, mais aussi aux ferias.

En combattant la corrida, nous nous heurtons aux catégories sociales les plus puissantes.

A nous de faire honte aux snobs et de montrer à tous que ce n'est pas la corrida qui peut servir la prospérité biterroise.

Nous reviendrons sur tout cela, de manière approfondie, dans nos prochaines publications et dans notre site internet.