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Pourquoi se mobiliser ?

anti corrida Béziers, taureaux assassinés

Vous n'avez rien de mieux à faire que d'agir contre les corridas ?
N'y a-t-il pas de causes plus importantes ? " nous lance-t-on souvent.
La meilleure des causes, c'est la lutte contre la souffrance universelle. Sous toutes ses formes, animales et humaines, faibles ou fortes.
Le SIDA est peut-être la plus redoutable des maladies actuelles. Est-ce une raison pour ne soigner ni la syphilis ni le choléra ? Nous allons d'ailleurs voir que l'épidémie tauromachique, par les désordres qu'elle engendre, est assimilable à une maladie grave plus qu'à une simple grippe.

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Invalidité des taureaux de corrida

La corrida duel loyal entre homme et animal ? Allons donc : un duel n’oppose que  2 combattants. Or dans l’arène un taureau doit affronter 6 hommes à la fois : 2 picadors, 3 peones et le matador. Six hommes longuement entraînés alors que le taureau n’a jamais bénéficié du moindre entraînement aux combats de l’arène. Ajoutez les nombreuses fraudes commises pour affaiblir l’animal : cornes sciées, drogues, suralimentation, coups de barrière, pique enfoncée tout contre la colonne vertébrale, etc.

Et puis il y a ce dont les adversaires des corridas parlent peu : l’invalidité croissante des taureaux de corrida. Beaucoup d’entre eux montrent une étrange faiblesse au point que certains tiennent à peine sur leurs pattes, s’effondrent et ont du mal à se remettre debout. Le dimanche 7 avril 19996, à Arles, les taureaux, incapables de soutenir un combat, se sont tous effondrés. L’examen vétérinaire des 6 cadavres après la corrida a révélé que les 6 taureaux étaient tous tuberculeux. Ils étaient pourtant issus d’un élevage réputé : celui de Maria Luisa  Dominguez y Perez de Vargas (famille Guardiola).

On voit même des taureaux perdre des sabots pendant une corrida. Oui, perdre des sabots, vous avez bien lu. Ce pourrait être dû, nous a dit une vétérinaire, à une alimentation malsaine et trop riche (granulés industriels) ou à un séjour trop long dans la boue d’un marécage, qui provoquerait la pourriture des sabots. Quoi qu’il en soit, un bovin qui perd un ou plusieurs sabots souffre quand il pose sur le sol la patte ainsi mutilée.

En Espagne on appelle « reconocimiento » l’examen vétérinaire pratiqué sur les taureaux avant une corrida. Le 08 août 2010, au Puerto de Santa Maria (Espagne) les 6 taureaux qui devaient combattre ce jour-là ont tous été déclarés inaptes au combat lors du reconocimiento. Les organisateurs de spectacles taurins achètent en général plus que les 6 taureaux nécessaires à une corrida afin de pouvoir remplacer les animaux qui tomberaient malades, se blesseraient ou seraient recalés au reconocimiento. Le 08 août 2010 au Puerto de Santa Maria les 3 taureaux suppléants ont été eux aussi déclarés inaptes au combat. Pire: le 14 août 2010 à Malaga (une des grandes villes d’Andalousie)  14 taureaux (les 6 titulaires et 8 suppléants) ont été tous recalés à l’examen vétérinaire. Il a fallu annuler la corrida faute de taureaux.


LA CORRIDA, FLÉAU DES ZONES HUMIDES

Le littoral méditerranéen français abonde en terrains marécageux. Les moustiques rendent ces lieux inhospitaliers et le sel marin les rend infertiles mais l'humidité permanente y favorise la croissance de certains herbages résistants au sel. Impropres à l'agriculture, ces solitudes sauvages sont en revanche propices à l'élevage des taureaux de combat. C'est là que vivent en semi-liberté, surveillés par des cavaliers armés de tridents, les troupeaux destinés aux corridas.

Faut-il s'attendrir devant cette carte postale ?
Non : ces marécages sont riches en espèces animales et végétales rares, souvent protégées par la loi.
Ainsi, près de Béziers, dans l'ancien delta de l'Aude, l'étang de Vendres abrite 45 espèces d'oiseaux sauvages qui figurent sur le livre rouge des espèces menacées en France.
Autour de l'étang ont été recensées des dizaines d'espèces végétales rares dont 8 sont protégées par l'arrêté interministériel du 20 /0 1 / 1982.
Or sur les rives de l'étang de Vendres paissent des centaines de bovins destinés aux jeux camarguais et aux corridas. Ces lourds herbivores, en broutant et piétinant, ont fait disparaître toute végétation sur de vastes surfaces. Combien de stations d'espèces végétales protégées ont été ainsi détruites ? Sur ces terres dévastées les oiseaux et autres petits animaux ont disparu à leur tour faute de nourriture et d'abri. Les chasseur eux-mêmes devant la raréfaction du gibier ont fini par s'émouvoir. Le Conservatoire du Littoral déplore officiellement le " surpâturage " mais n'a pris aucune mesure pour y mettre fin. Pour les pouvoirs publics, la corrida est au-dessus des lois et contrarier un éleveur de taureaux serait politiquement incorrect.
On prétend parfois que l'élevage des bovins dans les zones humides protège ces espaces naturels contre le bétonnage touristique et les promoteurs. Il n'en est rien . Alain TAMISIER, chercheur du CNRS, a prouvé qu'en Camargue, les pâturages de taureaux ont beaucoup reculé devant d'autres activités plus rentables : marais salants, riziculture et surtout urbanisation touristique. Non seulement les troupeaux de taureaux ne protègent pas les zones humides contre les convoitises des hommes d'affaires mais ces troupeaux sont eux- mêmes un fléau pour ces espaces naturels.

 


PAS DE CORRIDA SANS ENTRAÎNEMENT A TUER.

Les matadors doivent réglementairement tuer à l'arme blanche.
L'épée doit s'enfoncer dans l'épaule droite , passer sous l'omoplate et glisser entre deux côtes pour transpercer la cage thoracique. Il faut aussi que la lame se meuve dans un plan vertical et selon un angle de 45° par rapport à l'horizontale. Le coup est d'autant plus difficile à réussir que l'homme et la bête, lors de l'impact, sont tous deux en mouvement, se jetant l'un sur l'autre.
Pour enfoncer l'épée jusqu'à la garde, le matador doit s'exposer aux cornes.
C'est pour lui le moment le plus dangereux. C'est la " minute de vérité " où le public retient son souffle. Si l'épée heurte un os, si elle ne s'enfonce pas assez, si elle pénètre de travers, ressortant entre les côtes, si le coup est donné trop bas ou trop haut, le matador est soupçonné de trembler, de manquer de courage.

Même après une " bonne " prestation, le matador qui tue mal et doit s'y reprendre à plusieurs fois perd la faveur du public et risque de se faire huer. Un long entraînement est donc indispensable aux matadors pour acquérir la sûreté de gestes, les réflexes nécessaires. Autrefois, ils s'entraînaient dans des abattoirs. Aujourd'hui, la réglementation des abattoirs n'offre plus cette opportunité aux toreros qui sont réduits à s'entraîner chez les éleveurs auxquels ils achètent des bêtes pour les massacrer clandestinement. Après une estocade mal dirigée, on arrache l'épée et on recommence. Une fois. Deux fois. Trois fois et même davantage.
Ces essais multiples sont usuels, même en corrida publique.
On imagine les interminables charcutages qui doivent se commettre lors d'entraînements privés sur d'innombrables animaux qui subissent mille morts.
Derrière chaque corrida publique, il faut imaginer un grand nombre de massacres privés où sont perpétrées des atrocités qu'on n'oserait pas offrir aux yeux du public.


LA CORRIDA, FOYER DE SADISME

Ceux qui font souffrir des animaux dans des laboratoires ou dans des élevages industriels peuvent invoquer pour leur défense qu'ils n'agissent pas pour leur plaisir mais poussés par certaines nécessités.
En corrida, au contraire, c'est pour divertir le public qu'on torture à mort des êtres sensibles.
En outre, la corrida est la seule activité humaine où torture et mort violente sont vantées, exaltées, élevées au rang des beaux arts. C'est pourquoi la corrida est un foyer, un vecteur, une école de sadisme.


LA CORRIDA, OBSTACLE AU PROGRÈS DE LA CONDITION ANIMALE

Tant que supplicier des êtres vivants pour le plaisir sera jugé légitime, il paraîtra encore plus légitime d'infliger de la souffrance pour cause de compétitivité commerciale (élevage en batterie) ou pour les progrès de la science (vivisection).
La corrida bloque donc le progrès de la condition animale tout entière.


DROITS DE L'HOMME ET DROITS DE L'ANIMAL

Beaucoup de gens estiment que l'espèce humaine, espèce supérieure, a raison de tout se permettre envers les espèces inférieures.
C'est oublier que la force ne crée pas le droit.
Accepterions-nous que des extra-terrestres, très supérieurs à l'homme, nous traitent comme nous traitons les animaux ?
A supposer que l'homme soit vraiment supérieur aux bêtes, cette supériorité ne lui donne aucun droit. Elle nous crée seulement un devoir de pitié, de respect et de protection envers les faibles.


LA CORRIDA CONTRE LA DÉMOCRATIE

Tous les indicateurs montrent que les Français sont très majoritairement hostiles aux corridas.
Ainsi, d'après le dernier sondage national sur ce sujet, réalisé par Louis HARRIS en Mai 1993 pour " Globe Hebdo ", 83% des Français condamnent les corridas et 56% des Français demandent même l'interdiction pure et simple de ces massacres dans toute la France.

Pourtant bien peu de députés, bien peu de sénateurs s'opposent aux corridas. Les prétendus représentants du peuple ne tiennent guère compte de l'opinion des citoyens.

La France est-elle une démocratie ?


LA CORRIDA CONTRE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE

La presque totalité des médias exalte les corridas présentées comme des spectacles superbes, héroïques, artistiques et hautement culturels auxquels les Méridionaux seraient très attachés.
" Charlie-Hebdo ", " Science et Nature ", que nous remercions ici, sont à peu près les seuls organes de presse qui critiquent la tauromachie.
Le déluge de propagande tauromachique écœure la plupart des Français.
Pourquoi les médias, dont l'intérêt évident est de plaire au public, choisissent-ils de le prendre à rebrousse-poil en se plaçant dans le camp de la toromafia ?
Il faut de puissantes pressions pour qu'une entreprise accepte de mécontenter sa clientèle. Sur cette question fondamentale, nos recherches ne sont pas terminées mais nous pouvons déjà fournir des éléments de réponse.

Certaines mairies (Arles, Nîmes, Béziers, Bayonne, etc.) organisent des ferias (grandes fêtes tauromachiques) pour attirer les touristes.
Il est logique que ces mairies paient de la publicité pour leurs ferias. Ainsi la mairie de Béziers signe chaque année un contrat publicitaire avec divers médias, notamment le " Midi Libre ". Ce quotidien a ainsi reçu de la mairie 478.000F en 1998 et 799.585F en 1999.
Normal ?
Non, pour plusieurs raisons :

A/ Cette manne publicitaire n'est pas versée à tous les médias mais seulement à ceux qui ont de bonnes relations avec la mairie (coalition UMP et droites diverses).
Ainsi, le quotidien d'opposition " La Marseillaise " ne reçoit pas cet argent.

B/ L'hebdomadaire biterrois " Olé ! " s'étant permis un jour de critiquer une décision municipale s'est vu sanctionné aussitôt par rupture du contrat publicitaire passé avec la mairie. La direction de " Olé ! ", dans un communiqué, a dénoncé elle-même cette atteinte à la liberté de la presse.

C/ Le 19 Juin 1998, les médias biterrois reçoivent un communiqué du COLBAC annonçant une manifestation anticorrida. Le responsable d'une radio locale nous fait savoir qu'il ne pourra pas diffuser ce communiqué.
" Pourquoi ? " demandons-nous .
" Nous avons un contrat avec la mairie et cet argent municipal est indispensable à la survie de la radio. " répond-il.

D/ Les médias qui veulent l'argent municipal ont donc intérêt non seulement à exalter la tauromachie toute l'année et à censurer le COLBAC mais aussi à soutenir la politique du maire dans son ensemble.

En conclusion, les impôts des Biterrois, majoritairement indifférents ou hostiles aux corridas, financent la publicité tauromachique.
L'argent de tous les contribuables sert à asservir la presse où on ne trouve plus de l'information mais seulement de la propagande.

Combattre la corrida c'est donc combattre pour la liberté d'expression.


PILLAGE DES FONDS PUBLICS

Même à Nîmes, les corridas, loin d'être une affaire juteuse, sont généralement déficitaires comme le montre, entre autres, une expertise financière commandée par la mairie nîmoise (Midi Libre du 11 /10/1998). Les arènes de Nîmes ont pourtant une réputation internationale et une capacité d'accueil (14.000 places) qui permettent de rentabiliser des spectacles coûteux. On imagine l'ampleur du déficit dans les arènes de moindre catégorie.
En général, ce sont des mairies qui organisent les corridas en France, sur fonds publics et ce sont donc les contribuables, majoritairement anticorrida , qui paient le déficit.
Est-ce tolérable ?
Il arrive que les spectacles soient organisés à ses frais par un club taurin (à Céret par exemple) ou par un entrepreneur privé (exemple de Robert MARGE à Béziers).

Même dans ces cas, les spectacles sont largement financés sur fonds publics :

A/ On a vu plus haut comment de l'argent municipal est versé à des médias pour faire en permanence la promotion des corridas (voir 7-LA CORRIDA CONTRE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE). Ainsi à Béziers où les arènes sont propriété privée et où les corridas sont l'œuvre d'une entreprise privée, les contribuables financent la publicité tauromachique.

B/ D'après la revue aficionada " TENDIDO " , il n'existe pas plus de 5 000 aficionados dans toute la France. Ajoutons-y quelques milliers de snobs qui croient chic de s'afficher dans ces spectacles que les médias prétendent hautement artistiques et culturels. Dix mille amateurs, vrais ou faux, c'est bien peu pour toute la France. Aussi, pour réunir plusieurs milliers de spectateurs à une corrida il faut les faire venir de tout l'hexagone.
Or, ces amateurs, moins passionnés qu'on ne le dit, n'acceptent pas de faire des centaines de kilomètres uniquement pour assister à des corridas. Pour les déplacer, il faut, hors des arènes, toute une feria, c'est-à-dire une grande fête de plusieurs jours offrant de nombreuses attractions (concerts de rue, village équestre, expositions, etc.) gratuites pour les visiteurs parce que payées par le contribuable. Sans ferias, les matadors les plus célèbres se produiraient devant des gradins presque vides. Si des corridas peuvent avoir lieu, c'est donc grâce aux ferias financées par les contribuables presque tous indifférents ou hostiles aux corridas. Combien de temps accepterons-nous de payer pour la survie de ce que nous condamnons ?

C/ Que dire des écoles de tauromachie (Nîmes, Arles, Béziers, etc.) où on apprend à des enfants dès le plus jeune âge à torturer et à tuer ? Ces écoles inqualifiables, condamnées par l'opinion publique, ne vivent pourtant que de fonds publics versés par des mairies, par des Conseils Généraux, parfois par le Conseil Régional. Combien de temps encore accepterons-nous de financer ces scandales ? Il y a pourtant encore plus grave peut-être :

D/ La Chambre Régionale des Comptes a publié en 1997 un rapport sur les malversations commises par la mairie de Nîmes dans la gestion des spectacles taurins. Ce rapport montre par quels mécanismes les corridas ont permis à des élus municipaux et à leur serviteur Simon CASAS de voler 50 millions au fisc et de faire disparaître 50 autres millions d'argent public sans qu'on sache bien dans quelles poches ces fonds ont disparu. Ces pratiques scandaleuses ne sont pas limitées à Nîmes comme le montre le rapport d'étape sur la filière taurine publié la même année par le Conseil économique et social régional. Éleveurs de taureaux, toreros, torobusinessmen et élus des villes taurines s'entendent pour noyer dans d'épaisses ténèbres les opérations financières auxquelles ferias et corridas donnent lieu. Le conseil économique et social régional, n'ayant pu obtenir de chiffres ni sur le prix des taureaux vendus aux mairies , ni sur les rémunérations versées par les mairies aux toreros, est contraint de conclure :

" La transparence n'est pas, dans ces milieux, une vertu cardinale. "

Et ce n'est pas nous mais la revue tauromachique " Toros " qui, dans son numéro 1569, écrit : " Tous les clubs taurins et revues taurines réclament régulièrement depuis des années la publication au moins annuelle des comptes des arènes. Ils n'obtiennent JAMAIS aucune réponse claire… Il est absolument anormal, quand la gestion d'une arène est faite sur le mode public municipal, qu'il n'en soit jamais rendu compte aux habitants de la commune comme dans les autres matières. Que craint-on si on n'a rien à cacher ? " Cette opacité n'autorise-t-elle pas les citoyens à soupçonner toutes sortes de détournements de fonds ?


LA CORRIDA, DÉSHONNEUR POUR TOUT LE MIDI

Les Français connaissent encore mal les mœurs mafieuses du milieu taurin mais ils savent que ce milieu est louche, malsain, dangereux. La tauromachie n'est pas un facteur de prestige mais de discrédit pour les villes taurines et pour l'Occitanie tout entière.
Un mouvement de boycott se dessine à l'échelle internationale contre les villes qui pratiquent le commerce du sang, de la torture et de la mort.

Quand les décideurs politiques et économiques des villes taurines comprendront-ils que la corrida nuit au rayonnement et donc à la prospérité du Midi ?

Amis des animaux, protecteurs de la nature, adversaires de la violence, occitanistes, démocrates, humanistes, contribuables, nous avons tous d'excellentes raisons de vouloir abolir la corrida.

Aujourd'hui combat de spécialistes,
cette abolition doit devenir l'affaire de tous.
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