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Anti corrida à Béziers, les dossiers du COLBACDOSSIER FERIA

SANS FERIA LA CORRIDA MEURT

L’EXEMPLE REVELATEUR D’ARLES

Arles possède une identité culturelle très affirmée:
C’est une forteresse du dialecte provençal et de la littérature provençale. Frédéric Mistral naquit, vécut et mourut à Maillane, à 15 km d’Arles.
C’est la capitale de la « nacioun gardiano ».
C’est le bastion des « mainteneurs » c-à-d de ceux qui militent pour la sauvegarde des traditions locales.
C’est la capitale de la Camargue, terre d’élevage du taureau de combat. Arles est la seule ville authentiquement taurine de France.
Si Marseille est la capitale économique de la Provence, Arles en est la capitale culturelle. Aussi, chaque année, au début de juillet, ont lieu « les fêtes d’Arles », étalées sur plusieurs jours. C’est l’occasion de cultiver, de célébrer tout ce que la culture arlésienne a de particulier.

La tauromachie dans les fêtes d’Arles

Dans une ville taurine, toute fête semble une occasion d’organiser des spectacles taurins. C’est pourquoi des efforts innombrables et variés ont été consentis pour introduire et acclimater la corrida ibérique dans les fêtes arlésiennes du début juillet.

La première tentative historiquement attestée remonte à 1893. Depuis cette date, toutes les formes de tauromachie ibérique et toutes les combinaisons ont été expérimentées : capeas et corridas intégrales, corridas pédestres et corridas équestres. Avec l’espoir de remplir les arènes, on a fait venir à grands frais les toreros les plus réputés, depuis la cavalière Conchita Cintron, surnommée « la déesse blonde », jusqu’à Luis Miguel Dominguin, alors au faîte de sa gloire et amant officiel de la célébrissime actrice américaine Ava Gardner, en passant par divers « dieux » de l’arène : Antonio Ordonez, Jaime Ostos, Diego Puerta, etc. Tout cela en vain : jamais les corridas incluses dans les fêtes arlésiennes de juillet n’ont rempli les gradins. En 2001, les frères Jalabert, gestionnaires des arènes d’Arles, tirant la conclusion de ces échecs répétés et refusant de perdre de l’argent chaque année en juillet, ont renoncé à organiser des corridas pendant les fêtes d’Arles.

Le paradoxe

Pourquoi, pendant les fêtes arlésiennes de juillet, même les plus célèbres toreros face à des taureaux d’ élevages réputés, n’attirent-ils qu’un public restreint alors que pendant les 2 ferias arlésiennes de Pâques et du riz, ces mêmes toreros et les taureaux des mêmes élevages remplissent les arènes ?

Les dates n’expliquent rien : le début de juillet, début des vacances estivales, est aussi favorable au déplacement des amateurs de corridas que le week end pascal. La première semaine de juillet est même plus favorable aux déplacement des aficionados que le week end de septembre accueillant la feria du riz.

Explication du paradoxe

Pour remplir une grande arène comme celle d’Arles (environ 13.000 places), il faut, autour de cette arène, non pas une fête de la langue et de la littérature, non pas une fête du costume arlésien, non pas une fête de l’élégance et du patrimoine mais une feria, c-à-d une orgie vulgaire où on se soûle de décibels et d’alcool.

Pour remplir une grande arène, il faut tout autour non pas une fête de bonne tenue mais une bacchanale bruyante où l’abus d’alcool favorise et autorise tous les débordements, tous les dérapages.

Pour remplir une grande arène, il faut tout autour, dans la ville, une ambiance de laisser-aller, de transgression qui inhibe l’esprit critique et le sens moral au point de banaliser dans l’arène la torture comme divertissement et la mort violente comme spectacle.

Sans une certaine ambiance que ne créent pas les fêtes arlésiennes de juillet mais que créent les ferias orgiaques, les corridas manquent de spectateurs et disparaissent.

Il est des personnes qui ne comprennent pas pourquoi le COLBAC s’intéresse aux ferias au lieu de se consacrer aux corridas. L’explication est ci-dessus.

Pour bien comprendre ce qu’est une feria et comment elle nourrit les corridas, prenez le temps de lire ce qui suit.