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Anti corrida à Béziers, les dossiers du COLBACDOSSIER FERIA

Anti corrida à Béziers, féria et musique

Les foot de Bassan, musique et danse pendant la féria.

On nous répète que la corrida est indispensable à une feria. La vérité est exactement inverse : c’est la corrida qui ne peut survivre sans parasiter la feria.

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Anti corrida à Béziers, les dossiers du COLBACDOSSIER FERIA

PRESENTATION

Dans la 2ème moitié du 20ème siècle le milieu taurin, manquant de spectateurs, a imaginé d’organiser autour des arènes et aux frais des mairies, donc du contribuable, une grande fête municipale susceptible d’attirer la foule que la corrida était incapable de déplacer. C’est particulièrement net à Béziers où, faute de public, la mairie a cessé d’organiser en septembre 1995 les corridas dites « de vendanges ». En 1998, toujours faute de public il a fallu renoncer aux corridas de juillet. Et les années suivantes on a renoncé même aux novilladas de juin toujours faute de spectateurs. La corrida à Béziers est désormais limitée à la feria d’août seule capable de garnir les gradins des arènes. Selon les chiffres publiés chaque année par la mairie, la feria rassemble chaque soir entre deux et trois cent mille personnes. Sur ce nombre, une dizaine de milliers, donc une infime minorité, consent à assister aux corridas, présentées aux touristes comme le clou de la feria. C’est la feria qui est indispensable à la survie de la corrida et pas l’inverse.


On nous répète aussi que les corridas à Béziers sont l’affaire privée de l’entrepreneur Robert Margé et que la Mairie n’y investit pas un euro. Mensonge.

L’école taurine ne vit que de fonds publics. Le musée taurin est logé aux frais de la mairie. Les clubs taurins sont gorgés de fonds publics. L’affiche municipale annonçant chaque année la feria et placardée à grands frais dans tout le pays n’évoque que les corridas. C’est une publicité payée par les contribuables pour les corridas privées de R. Margé. Enfin sans cette énorme subvention publique qu’est la feria municipale, les corridas se dérouleraient devant des gradins déserts et auraient depuis longtemps disparu.
Enfin la relation psycho-sociologique entre feria et corrida est mal comprise par les observateurs. La feria se caractérise par son caractère orgiaque avec tous les excès que ce mot évoque. Tout ce qui est interdit en temps ordinaire (tapage nocturne, abus d’alcool, pisser et chier dans les rues, saleté, laisser-aller, vandalisme et même reprendre le volant à l’aube en état d’ivresse) tout cela est paradoxalement toléré, voire encouragé pendant la bacchanale de la feria.

Pourquoi un si coupable commerce de la défonce ? Parce que c’est parmi les amateurs de transgression qu’on peut espérer recruter des spectateurs pour la transgression suprême : celle qui consiste, aux arènes, à torturer des êtres vivants jusqu’à ce que mort s’ensuive.
D’autre part les sadiques amateurs de torture divertissement et de mort spectacle ont quelque mal à assumer cette passion perverse. Conformément aux lois de la psychologie de groupe, les amateurs de banderilles ont besoin, pour ne pas se sentir coupables, d’être entourés, appuyés, cautionnés par un vaste groupe d’autres pervers. Le climat de transgression hors des arènes facilite la transgression dans les arènes.
Pour toutes les raisons qui précèdent la feria est indispensable à la survie des corridas.


Anti corrida à Béziers, les dossiers du COLBACDOSSIER FERIA

PROPAGANDE ET REALITES

1- DEFINITIONS

En latin classique le nom FERIAE désigne les jours de fête et de repos. De là vient l’expression française « jours fériés ».
En latin tardif FERIA (au singulier) désigne le marché organisé un jour de fête. Ce nom est devenu en vieux français feire puis foire.
Le nom latin FERIA est passé sans altération en espagnol où il désignait autrefois le grand marché organisé à l’occasion de la fête annuelle du saint patron local : feria de san Isidro (Madrid), feria de san Fermin (Pampelune) etc. La conjonction d’une fête annuelle et d’un marché extraordinaire attirait une foule immense venue de loin pour vendre, acheter, échanger des nouvelles, faire des rencontres et se divertir. A la fête religieuse s’ajoutaient des réjouissances profanes: chanteurs, musiciens, comédiens, bouffons, montreurs d’animaux savants et autres professionnels du spectacle profitaient de ces grands rassemblements commerciaux et festifs où ils étaient assurés de ne pas manquer de spectateurs. Pour cette raison les professionnels de la tauromachie prirent l’habitude d’organiser des corridas à chaque feria.
Ainsi, dans l’Espagne d’autrefois, ce n’était pas la corrida qui faisait naître une feria. C’était au contraire le grand rendez-vous religieux, festif et commercial qui faisait vivre la corrida en lui procurant les spectateurs que la corrida était incapable de déplacer par ses propres attraits.
Au 19ème siècle la révolution industrielle, l’explosion des transports et l’exode rural facilitent les échanges commerciaux qui deviennent quotidiens. Foires françaises et ferias espagnoles perdent leur fonction commerciale. En France les foires disparaissent presque toutes. En Espagne, les ferias se réduisent à leur fonction festive.
Aujourd’hui en Espagne, même dans les villes les plus taurines (Madrid, Séville, Bilbao) il est impossible, faute de spectateurs, de rentabiliser une corrida isolée, organisée en dehors d’une feria. Seul le grand rassemblement festif d’une feria est capable d’attirer une foule suffisante pour remplir plus ou moins une arène.

Il est faux qu’une feria ait besoin de corrida.

C’est au contraire la corrida qui ne survit que grâce aux ferias.

 

2- APPARITION DES FERIAS FRANCAISES

Ayant remarqué que l’Espagne (à la seule exception de Barcelone) ne donne pas de corrida en dehors d’une feria, les organisateurs français, pour attirer du monde aux arènes, ont imaginé d’organiser, sous le nom espagnol de « feria », une grande fête municipale autour des corridas (alors qu’en Espagne, c’est la corrida qui se greffe sur une feria préexistante). En 1952 est organisée à Nîmes la première feria française. La première feria biterroise a lieu en 1968.
A Béziers comme à Nîmes, à Arles et partout, une « feria » française est une grande fête municipale qui dure plusieurs jours. Spectacles équestres, lâchers de taureaux dans les rues, concerts de rue et autres attractions, gratuits pour les touristes parce que payés par les contribuables, attirent une foule considérable: plus de 200.000 visiteurs certains soirs, d’après la mairie de Béziers. Evaluation excessive qui additionne notamment Biterrois et touristes. Un million de visiteurs en tout sur l’ensemble de la feria prétend la mairie. C’est un mensonge pur et simple qui compte plusieurs fois les mêmes personnes quand elles participent plusieurs jours de suite à la feria. Mais il est vraisemblable que la population de Béziers (75.000 habitants) est portée au double ou même davantage certaines nuits de feria. Ce qui pose d’énormes problèmes de circulation, de stationnement, de sécurité et d’hygiène (voir ci-dessous). Dès 1990, alors que l’estimation officielle n’était que de 100.000 visiteurs maxi par nuit de feria, le commissaire Carton, inquiet, conseillait de ne pas aller plus loin dans la démesure. Il n’a pas été entendu…

3- L’IMPOSTURE CULTURELLE

Pour attirer les touristes amateurs de corridas, généralement friands d’exotisme et de Sud ardent, on déguise Béziers l’occitane en une prétendue cité andalouse. Pendant des années le slogan officiel, répété à satiété, fut que Béziers était la Séville française. On prodigue aux touristes flamenco, sévillane, paso doble, paella, sangria pour les dissuader d’aller chercher en Espagne cette corrida exotique et barbare qu’on tente de leur vendre ici.
Cette mascarade se fait au détriment de la culture véritable de Béziers qui est historiquement le cœur de l’Occitanie. Autrefois capitale non seulement viticole mais aussi industrielle de tout le Languedoc, Béziers a été un exemple de prospérité. Pour évoquer une très grosse somme on disait: « Il te faudrait tout l’argent de Béziers ». Puis cette ville a vu péricliter son industrie et sa viticulture. Mais Béziers reste une forteresse (reconnue comme telle) de la culture occitane. C’est Béziers qui opposa en 1209 la résistance la plus héroïque et la plus célèbre aux armées du Nord commandées par Simon de Montfort. C’est à Béziers que tout le Midi est venu manifester le 17/03/07 pour défendre la langue occitane. C’est à Béziers que se trouve aujourd’hui le CIRDOC, le centre interrégional de documentation occitane, la plus grande médiathèque occitane du monde qui, à elle seule, ferait de Béziers le coeur de l’Occitanie. Cette ville pourrait, devrait, toute l’année, être la vitrine de la culture occitane. Béziers est aussi une des plus vieilles agglomérations d’Europe. Successivement habitat préhistorique, ville gauloise, cité grecque, oppidum gallo-romain, bourg médiéval et enfin capitale économique et culturelle de l’Occitanie, Béziers pourrait, devrait, toute l’année, être un haut lieu du tourisme archéologique, historique et culturel. Au lieu de valoriser touristiquement 365 jours par an cet exceptionnel patrimoine, la mairie préfère le cacher et déguiser Béziers, 4 ou 5 jours par an, en fausse ville andalouse, en abattoir taurin pour y attirer des sadiques amateurs de corrida, de violence et de sang.

4- L’HYGIENE DES GARGOTIERS

Le modèle implicite de la feria biterroise, c’est la feria de Séville avec son célèbre « campo de feria ». On appelle ainsi un village de tentes dressé pour la durée de la feria et dans lequel clubs taurins, associations et riches notables donnent des réceptions pour des invités triés sur le volet. On y rivalise d’élégance et de mondanité.
Pour imiter Séville la mairie dresse et loue des « casitas » (tentes) à tous ceux qui souhaitent gagner de l’argent en vendant aux touristes des nourritures et des boissons allant du médiocre au vomitif. Ces gargotiers occasionnels cuisinent avec des moyens de fortune et ne sont pas équipés pour respecter les règles élémentaires de propreté et d’hygiène. Les casitas ne sont pas raccordées au réseau d’égout pour l’évacuation de leurs eaux usées qui se répandent sur le sol. Les cuisiniers et les serveurs n’ont parfois même pas de quoi laver la vaisselle. Les services compétents de la préfecture font bien des inspections mais ont apparemment consigne d’être très indulgents puisqu’ils n’épinglent que les abus extrêmes: aliments avariés surtout…

5- LA BACCHANALE

Un cafetier professionnel, quand un client frôle l’ivresse, refuse de lui verser encore à boire. Un professionnel a une réputation à défendre et une clientèle d’habitués à protéger contre les dérapages d’un ivrogne qui devient agressif, incivil, vomit, etc. Les gargotiers occasionnels qui s’installent sous une tente ou sur un trottoir pendant la feria n’ont, eux, aucun de ces scrupules. Ils sont là pour se remplir les poches au maximum en 4 nuits et ne refusent jamais de verser de l’alcool à ceux qui ont déjà trop bu.
Le groupe Paul Ricard, dont les excès publicitaires ont été réprimés dans certaines boîtes de nuit, peut, pendant la feria, en toute impunité, franchir la ligne jaune : ses jolies ambassadrices, une sulfateuse sur le dos, versent du pastis dans tous les verres vides qu’elles rencontrent. Les jeunes, qui n’ont pas besoin d’incitation adulte pour s’enivrer, sont excités par l’orgie ambiante à se saouler et y prennent le goût et l’habitude de l’alcool.
Au cœur de la nuit c’est par dizaine de milliers qu’on compte les férieurs pleins comme des outres, titubant et zigzaguant ou couchés sur le sol, ivres morts.

L’abus d’alcool favorise l’inconduite : des milliers de buveurs évacuent le trop plein en urinant contre les façades des prestigieuses allées Paul Riquet et plus encore dans les rues moins réputées. La rue de Carles, obscure et peu fréquentée, est, pendant la feria, appelée par les riverains la rue Pipicaca. D’autres buveurs vomissent n’importe où un mélange de daube de taureau, de paella et de sangria. Quand la fête se termine vers 3 ou 4 h du matin, si vous passez par là, vous ne savez où poser les pieds pour ne pas salir vos semelles et vous devez vous boucher les narines. Quelle image les organisateurs donnent-ils de Béziers et des Biterrois?
Vers 3 ou 4 h du matin, les rues en fête sont dans un tel état que le service de nettoiement, à partir de 5 h du matin, doit effectuer 3 nettoyages successifs: un ramassage d’ordures d’abord, un lavage des rues et des trottoirs ensuite, un épandage de désodorisant enfin pour couvrir les tenaces puanteurs de vomi et d’urine.
L’alcool favorise agressivité, insultes, propos outranciers, bagarres, vandalisme et transgressions sexuelles.
Les voleurs à la tire profitent de la cohue, des bousculades, du bruit et de l’ivresse pour prélever portefeuilles et argent dans les poches de leurs victimes.
A Nîmes police et gendarmerie opèrent ouvertement de nombreux contrôles d’alcoolémie aux sorties de la feria, évitant ainsi des accidents de la circulation. A Arles des dispositions sont prises pour reconduire chez eux les fêtards éméchés. A Béziers rien de tel. Dans les bilans officiels publiés après chaque feria les contrôles d’alcoolémie et les accidents provoqués par les automobilistes ivres ne sont même pas évoqués. La mairie veut que les fêtards dépensent à Béziers le plus d’argent possible. Il est donc hors de question pour elle de limiter la consommation d’alcool. Elle obtient apparemment des services de l’Etat les complicités nécessaires.

6- TAPAGE NOCTURNE

Le tapage nocturne est interdit et puni par la loi. Mais dans ce domaine comme dans d’autres la toromafia est au-dessus des lois. Bodegas et casitas rivalisent de décibels pour couvrir la musique des autres et attirer la clientèle. Le bruit est tel qu’il est impossible de causer avec les personnes qui vous accompagnent. Le seuil de danger (90 décibels) est presque partout dépassé. La mairie feint de déplorer cet abus mais se garde bien d’y mettre un terme. Le bruit, comme l’alcool et la violence, fait partie de la défonce que beaucoup de fêtards mal dans leur peau viennent chercher à la feria.
Chaque nuit la feria se termine officiellement à 3 h du matin et une patrouille oblige les bodegas et casitas à fermer boutique. Mais il faut du temps pour aller partout et convaincre les récalcitrants. Cette tournée de fermeture ne se termine que vers 4 ou 5 h du matin. Après quoi aux musiques déchaînées succèdent les cris et chants d’ivrognes voulant poursuivre la fête ou cherchant leur voiture parce qu’ils ont oublié où ils l’ont garée. Pour les infortunés habitants des rues en fête, pendant 4 ou 5 nuits il est impossible de dormir. Intolérable quand on doit se lever tôt le matin pour aller travailler. Mais bien peu osent se plaindre. Beaucoup d’habitants du vieux centre, malgré la modicité de leurs revenus, choisissent de fuir Béziers pendant ces nuits d’ excès et sont ainsi contraints de dépenser ailleurs plus que ce qu’ils auraient dépensé à Béziers.

7- CIRCULATION ET STATIONNEMENT

Stationnement et circulation sont interdits dans le centre ville en fête non seulement pendant toute la feria mais aussi une semaine avant et plusieurs jours après pour faciliter le montage puis le démontage des casitas, podiums et autres installations. La complexité des arrêtés municipaux promulgués à cette occasion est telle que même des automobilistes cultivés ne comprennent pas tout, en oublient une partie, confondent dates ou heures, contreviennent sans le savoir à ces arrêtés et se font sanctionner par mise en fourrière de leur véhicule.
Insolubles deviennent les problèmes de stationnement dans toute la ville quand le soir tombe : comme la population de Béziers double ou triple pendant la feria, le stationnement, déjà difficile en temps ordinaire, devient un casse-tête les soirs de feria, d’abord autour du centre ville puis de plus en plus loin du centre à mesure que les heures passent, que les fêtards affluent et que la ville s’engorge avec des trottoirs entièrement occupés des 2 côtés par 2 files continues d’autos en stationnement.

8- COUT ET RETOMBEES DE LA FERIA

Le coût de la feria pour les contribuables est de plus en plus élevé.
3,5 millions de francs assurait la Mairie en 1993.
6 millions de francs en 2001.
1 millions d’euros en 2006. Le quart de cette somme serait consacré au nettoiement, ce qui révèle l’ampleur des dégâts commis par les hordes de fêtards.
A titre de comparaison la mairie de Nîmes, pour la Pentecôte (la plus grande de ses ferias annuelles et la plus grande des ferias françaises) annonçait en 2005 un investissement de six cent mille euros, donc inférieur à celui de Béziers.
Quelles sont les retombées de cet investissement ?
La mairie de Nîmes évaluait à 30 millions d’euros en 2003 et à 40 millions d’euros en 2005 la somme dépensée par les fêtards dans les commerces nîmois pendant la feria de Pentecôte.
A Béziers la Mairie ne craint pas d’exagérer. Les retombées de la feria biterroise sur le commerce local étaient évaluées le 18/08/00 à 500 millions de francs puis seulement à plusieurs dizaines de millions de francs le 10/08/01 (Midi libre).
« Enorme », « On n’ose imaginer ce que serait pour l’économie biterroise une année sans feria !» assure le Maire de Béziers. Dans le « journal de Béziers » de septembre 2006, page 3, il assure que, pour un investissement municipal de 1 million d’euros, la feria 2006 a valu « au commerce biterrois un revenu cent fois supérieur et peut-être plus. » Mais un peu plus loin, page 14, le maire, ayant apparemment oublié ce qu’il a écrit à la page 3, ramène à quelques dizaines de millions d’euros la somme dépensée par les fêtards.
On ne peut guère se fier à des évaluations officielles aussi dépourvues de rigueur. D’ailleurs, si le rendement économique de la feria était aussi élevé que le prétend la mairie, pourquoi ne pas organiser plusieurs ferias par an, quitte à demander une participation financière à la chambre de commerce et aux entreprises bénéficiaires ? Robert Margé, ne parvenant pas, faute de public, à rentabiliser ses corridas de juillet, a instamment demandé à la Mairie de lui organiser une 2ème feria en juillet. La réponse officielle de la Mairie a été que l’investissement municipal nécessaire à une feria était trop lourd pour être consenti 2 fois par an.
Remarquons aussi que la feria est toujours fixée à la mi-août, c’est à dire à la période où le littoral et les installations touristiques sont déjà saturés. La feria ne peut apporter aucun plus à des campings, des hôtels déjà archi-pleins début août. Pour être profitable à l’économie locale, il faudrait que la feria ait lieu à une autre date. Mais la feria est incapable de faire venir à Béziers pour 5 jours des Parisiens ou des Lyonnais. Elle est seulement capable de rassembler le soir, pour quelques heures, les estivants en vacances à Valras, Sérignan, Vendres et autres stations balnéaires voisines. La feria profite de l’afflux touristique estival. Elle ne le crée pas.

9- IMPACT REEL SUR LE COMMERCE LOCAL

La feria, une manne pour l’économie biterroise ? La réalité est tout autre.
Les hôtels de Béziers et des environs, pleins en août, n’ont pas besoin de feria pour être saturés.
Les cafetiers, les restaurateurs, les débitants de tabac et de cartes postales ? Seuls ceux des rues en fête prospèrent pendant la feria. Ceux des autres quartiers n’y gagnent rien et perdent même une bonne partie de leurs clients habituels au profit de leurs concurrents du centre.
La plupart des commerces (vêtements, chaussures, ameublement, agences immobilières, etc) même dans le centre ville, ont nettement moins de clients pendant la feria qu’en dehors d’elle, ne serait-ce qu’à cause de l’impossibilité pour les acheteurs de circuler et de stationner. Cette raison ajoutée à l’insécurité provoquée par la feria explique que beaucoup choisissent carrément de fermer boutique pendant ces 4 ou 5 jours. En 2006 le COLBAC a dressé la liste des boutiques fermées dans les rues en fête. Nous avons compté 114 commerces fermés à cause de la feria.
Qu’est-ce qui nous autorise à écrire « à cause de la feria » ? Nous avons pris en compte d’abord les boutiques dont la devanture portait l’inscription : « Fermé pendant ou en raison de la feria ». Nous avons compté ensuite les commerces dont les congés se limitaient aux 5 jours de feria (du 11 au 15 août cette année-là). Nous avons compté aussi les boutiques dont les congés commençaient le 11 août ou finissaient le 15 août et qui donc avaient choisi le début ou la fin de leurs congés pour éviter la feria. Enfin nous avons pris en compte les quelques commerçants (une dizaine) qui annonçaient sur leur devanture que, pendant ces 5 jours, ils fermeraient boutique plus tôt que d’habitude (dès 17 h ou même dès 16h pour certains) pour échapper aux heures de feria. Même le sex shop de la rue Victor Hugo fermait très tôt pour ne pas s’exposer aux dérapages des fêtards.
A ces 114 commerces, il faut ajouter le grand marché forain du vendredi (de 200 à 300 commerçants) et le marché paysan du samedi tous deux supprimés pour faire place à la feria.
Reste le cas des grossistes qui alimentent les bodegas et casitas en alcool, riz, crevettes, viande, charcuterie, etc. Ce n’est pas à Béziers que ces gros distributeurs achètent leur marchandise. Ils pompent au contraire l’argent de Béziers et ne le réinvestissent pas à Béziers. Est-ce que du moins ces grossistes profitent de la feria ? Même pas : que les estivants de Valras consomment, le soir, à la feria de Béziers ou dans les restaurants de Valras, cela ne change rien au chiffre d’affaires des grossistes qui fournissent à la fois Béziers et Valras.
La feria profite à une petite minorité de commerces situés dans le centre en fête mais nuit globalement à tous les autres.

Contrairement à ce que nous répète la propagande officielle, la feria est seulement conçue pour attirer du monde aux arènes et ne stimule pas l’économie locale.

Pour satisfaire les intérêts de la toromafia,

on sacrifie l’économie locale.

Les métropoles méridionales (Bordeaux, Toulouse, Marseille, etc) ont toutes été autrefois des villes taurines. Mais au milieu du 20ème siècle toutes ont rejeté la tauromachie. Les grandes cités dynamiques et prospères, même en Espagne, méprisent les spectacles taurins. Le conseil municipal de Barcelone demande leur abolition. Nos voisines Montpellier et Narbonne, dont le dynamisme est envié, ne veulent pas entendre parler de corridas. Seules des communes en déclin économique s’accrochent encore à la tauromachie qui passait jadis pour un appât touristique. L’expérience a prouvé le contraire. En juillet, mois où les touristes sont nombreux, disponibles et demandeurs d’attractions, il a fallu, en 1998, mettre fin aux corridas biterroises parce qu’elles attiraient de moins en moins de public.
Pour les observateurs économiques, le maintien de la tradition taurine est le révélateur d’une économie malade, gérée par des hommes dépassés. En particulier l’image repoussante que la feria donne de Béziers et des Biterrois n’a pas de quoi séduire des investisseurs.

CONCLUSION

La feria, pour attirer des spectateurs aux corridas, exalte l’Espagne au détriment de l’Occitanie, la culture ibérique au détriment de la culture occitane, les vins et produits espagnols au détriment des nôtres.
Montées pour imiter Séville, les casitas donnent une image déplorable de Béziers par leur saleté, leur tapage et en poussant à l’ébriété avec toutes les dérives comportementales que l’alcool engendre.
Ce qui est réprimé en temps ordinaire (stationnement sur les trottoirs, incitation à la consommation d’alcool, ivresse publique, tapage nocturne, bagarres, violences, transgressions sexuelles, pisser et chier dans la rue, conduire en état d’ivresse) est toléré pendant la feria : Les pouvoirs publics, complices, ne font rien pour réduire l’abus d’alcool, le tapage nocturne, la saleté et les violences afin de ne pas nuire au lucratif commerce de la défonce. Le tiroir-caisse des trafiquants d’hémoglobine, de décibels et d’alcool passe avant le droit des habitants au repos, avant l’hygiène publique, avant la sécurité des citoyens, avant la sécurité routière, avant la réputation de Béziers.
Insupportable pour la plupart des Biterrois, la feria nuit globalement à l’économie locale.
Pourquoi les politiciens, les milieux d’affaires et les medias, pour la plupart, soutiennent-ils néanmoins ferias et corridas ? Parce que, sans feria, les corridas, privées de public, seraient condamnées à disparaître. Or politiciens, journalistes et affairistes, friands de relations mutuelles et de contacts multiples, tiennent à la fête taurine, un cadre où ils peuvent se rencontrer tous, faire d’innombrables et utiles connaissances, échanger de multiples informations, négocier de nombreux accords, faire une publicité massive pour leurs produits (pastis Ricard, vins, Midi libre, etc.) nouer des complicités et pratiquer le trafic d’influence. L’immense brassage de la feria favorise tous les rapprochements, même les plus inattendus. La fête, la musique et l’alcool mettent de l’huile dans les rouages de toutes les négociations. La lyonnaise des eaux, le Midi libre et autres entreprises d’envergure disposent aux arènes d’une loge où chacun invite les partenaires avec qui il est en affaires avant de les mener dîner dans une bodega de choix ou au village équestre. Une minorité influente, de façon mafieuse, impose sa feria taurine contre l’intérêt général de Béziers et des Biterrois.


Anti corrida à Béziers, les dossiers du COLBACDOSSIER FERIA

FERIA ET ABUS D’ ALCOOL

Accident mortel au retour de la féria 2009 de BéziersAccident mortel au retour de la féria 2009 de Béziers

Photos Midi-Libre [14 oût 2009]...quand déboule à vive allure une Citroën Xsara conduite par un jeune de Montblanc . Agé d’une vingtaine d’années, il revient de la Féria de Béziers et rentre chez lui. Une famille , les parents et deux des trois enfants, sera entièrement anéantie à cause d'un chauffard, ivre au volant. Aucun élu responsable de Béziers ne fera de commentaire pour ne pas perturber la Féria qui en est à son deuxième jour de tueries et de défoulements obscènes, autorisés et encouragés par les pouvoirs locaux.

Le 16/06/08 le COLBAC écrivait ce qui suit à la Mairie, à divers services de l’Etat et au sous-préfet de Béziers:
« Pendant la feria de Béziers, chaque nuit, vers 3h, d’innombrables personnes entreprennent de rentrer chez elles et, à cette fin, reprennent le volant alors que, ivres de fatigue, de bruit et d’alcool, elles ne sont pas en état de conduire…
A l’approche de la feria 2008 nous vous serions reconnaissants de bien vouloir nous indiquer combien d’accidents de la circulation ont été provoqués l’an dernier par les personnes qui quittaient la feria hors d’état de conduire et ce que vous comptez faire pour éviter de tels accidents en 2008…
»

Après 2 mois de silence et plusieurs rappels de notre part le sous-préfet finissait par nous répondre le 11 août 2008 :
« Contrairement à ce qui est souvent répandu, les forces de l’ordre ne constatent pas les soirs de feria une augmentation significative des accidents de la circulation car nombre de personnes restent dans le périmètre de la feria et ne reprennent pas leur véhicule… »

Suite à cette incroyable réponse du sous-préfet, le COLBAC envoyait aux organes de presse le communiqué suivant :

5 MIRACLES CONSTATÉS À BÉZIERS

Le COLBAC a écrit plusieurs fois à la mairie de Béziers et à divers services de l’Etat pour connaître le nombre des accidents de la circulation imputables aux automobilistes qui, après une nuit de feria, reprennent le volant ivres d’alcool, de bruit et de fatigue.
Réponse: « Aucune augmentation significative des accidents n’est constatée par les forces de l’ordre. »

5 miracles se produisent donc chaque année :

1- D’après la mairie, Béziers (75.000 habitants) accueille certains soirs de feria plus de 300.000 visiteurs. Ces soirs-là la population de Béziers est donc multipliée par 5. Et le nombre des accidents de la circulation n’augmente pas ? C’est un premier miracle.

2- L’alcool est officiellement considéré comme la première cause des accidents de la circulation et la feria est le moment de l’année où l’abus d’alcool bat tous les records. Mais à Béziers exceptionnellement l’abus de boisson améliore la sécurité routière puisque pendant la feria le nombre des accidents sur la voie publique, paraît-il, n’augmente pas. C’est un 2ème miracle.

3- Selon la sous-préfecture, après chaque nuit d’orgie, « nombre de fêtards restent dans le périmètre feria et ne reprennent pas leur véhicule ». Ainsi une ville de 75.000 habitants possèderait assez de lits pour 300.000 touristes ? Merveille supplémentaire, ces 300.000 lits existeraient « dans le périmètre feria » c-à-d dans une petite partie du centre de Béziers ? C’est le 3ème miracle.

4- Les autos des fêtards qui, les soirs de feria, encombrent les trottoirs de toutes les rues, disparaissent avant l’aube. Puisque les fêtards, nous dit-on, « ne reprennent pas leur véhicule » c’est donc que leurs autos s’évaporent comme des gouttes de rosée par l’opération du saint esprit. C’est le 4ème miracle. Les esprits forts affirment que les miracles n’existent que dans la bible. Ils ont tort.

5- Nous allions oublier le dernier prodige : 360 jours par an sont interdits le stationnement sur trottoir, l’incitation à l’abus d’alcool, l’ivresse publique, la violence, le tapage nocturne surtout quand il dépasse le seuil de danger (90 décibels). En temps ordinaire il est même interdit d’uriner et de chier dans les rues. Mais pendant la feria tous ces comportements illicites cessent visiblement d’être répréhensibles puisqu’ils sont assurés de la bienveillante compréhension des pouvoirs publics…(fin du communiqué de presse)


Anti corrida à Béziers, les dossiers du COLBACDOSSIER FERIA

SANS FERIA LA CORRIDA MEURT

L’EXEMPLE REVELATEUR D’ARLES

Arles possède une identité culturelle très affirmée:
C’est une forteresse du dialecte provençal et de la littérature provençale. Frédéric Mistral naquit, vécut et mourut à Maillane, à 15 km d’Arles.
C’est la capitale de la « nacioun gardiano ».
C’est le bastion des « mainteneurs » c-à-d de ceux qui militent pour la sauvegarde des traditions locales.
C’est la capitale de la Camargue, terre d’élevage du taureau de combat. Arles est la seule ville authentiquement taurine de France.
Si Marseille est la capitale économique de la Provence, Arles en est la capitale culturelle. Aussi, chaque année, au début de juillet, ont lieu « les fêtes d’Arles », étalées sur plusieurs jours. C’est l’occasion de cultiver, de célébrer tout ce que la culture arlésienne a de particulier.

La tauromachie dans les fêtes d’Arles

Dans une ville taurine, toute fête semble une occasion d’organiser des spectacles taurins. C’est pourquoi des efforts innombrables et variés ont été consentis pour introduire et acclimater la corrida ibérique dans les fêtes arlésiennes du début juillet.

La première tentative historiquement attestée remonte à 1893. Depuis cette date, toutes les formes de tauromachie ibérique et toutes les combinaisons ont été expérimentées : capeas et corridas intégrales, corridas pédestres et corridas équestres. Avec l’espoir de remplir les arènes, on a fait venir à grands frais les toreros les plus réputés, depuis la cavalière Conchita Cintron, surnommée « la déesse blonde », jusqu’à Luis Miguel Dominguin, alors au faîte de sa gloire et amant officiel de la célébrissime actrice américaine Ava Gardner, en passant par divers « dieux » de l’arène : Antonio Ordonez, Jaime Ostos, Diego Puerta, etc. Tout cela en vain : jamais les corridas incluses dans les fêtes arlésiennes de juillet n’ont rempli les gradins. En 2001, les frères Jalabert, gestionnaires des arènes d’Arles, tirant la conclusion de ces échecs répétés et refusant de perdre de l’argent chaque année en juillet, ont renoncé à organiser des corridas pendant les fêtes d’Arles.

Le paradoxe

Pourquoi, pendant les fêtes arlésiennes de juillet, même les plus célèbres toreros face à des taureaux d’ élevages réputés, n’attirent-ils qu’un public restreint alors que pendant les 2 ferias arlésiennes de Pâques et du riz, ces mêmes toreros et les taureaux des mêmes élevages remplissent les arènes ?

Les dates n’expliquent rien : le début de juillet, début des vacances estivales, est aussi favorable au déplacement des amateurs de corridas que le week end pascal. La première semaine de juillet est même plus favorable aux déplacement des aficionados que le week end de septembre accueillant la feria du riz.

Explication du paradoxe

Pour remplir une grande arène comme celle d’Arles (environ 13.000 places), il faut, autour de cette arène, non pas une fête de la langue et de la littérature, non pas une fête du costume arlésien, non pas une fête de l’élégance et du patrimoine mais une feria, c-à-d une orgie vulgaire où on se soûle de décibels et d’alcool.

Pour remplir une grande arène, il faut tout autour non pas une fête de bonne tenue mais une bacchanale bruyante où l’abus d’alcool favorise et autorise tous les débordements, tous les dérapages.

Pour remplir une grande arène, il faut tout autour, dans la ville, une ambiance de laisser-aller, de transgression qui inhibe l’esprit critique et le sens moral au point de banaliser dans l’arène la torture comme divertissement et la mort violente comme spectacle.

Sans une certaine ambiance que ne créent pas les fêtes arlésiennes de juillet mais que créent les ferias orgiaques, les corridas manquent de spectateurs et disparaissent.

Il est des personnes qui ne comprennent pas pourquoi le COLBAC s’intéresse aux ferias au lieu de se consacrer aux corridas. L’explication est ci-dessus.

Pour bien comprendre ce qu’est une feria et comment elle nourrit les corridas, prenez le temps de lire ce qui suit.


Anti corrida à Béziers, les dossiers du COLBACDOSSIER FERIA

Bilan de la féria 2009

Accident mortel au retour de la féria 2009 de BéziersAccident mortel au retour de la féria 2009 de Béziers

Photos Midi-Libre [14 oût 2009]...quand déboule à vive allure une Citroën Xsara conduite par un jeune de Montblanc . Agé d’une vingtaine d’années, il revient de la Féria de Béziers et rentre chez lui. Une famille , les parents et deux des trois enfants, sera entièrement anéantie à cause d'un chauffard, ivre au volant. Aucun élu responsable de Béziers ne fera de commentaire pour ne pas perturber la Féria qui en est à son deuxième jour de tueries et de défoulements obscènes, autorisés et encouragés par les pouvoirs locaux.

1- L’abus d’alcool est la première cause des accidents de la circulation et la feria est le moment de l’année où l’abus de boisson bat tous les records. Pourtant les bilans officiels de feria n’évoquent jamais les accidents provoqués par les automobilistes qui quittent la fête à l’aube, ivres de bruit, de fatigue et d’alcool. A Nîmes et Arles les bilans de feria comptabilisent les contrôles d’alcoolémie effectués dans et autour de la ville par les barrages de police et de gendarmerie. De tels barrages, de tels contrôles existent à Béziers. Mais les dérives autorisées sont elles vraiment contrôlables ?


2- Depuis longtemps plus aucune corrida formelle n’est organisée en France sans feria autour d’elle. En effet seule une feria, en remplissant une ville de touristes, est capable de remplir aussi les gradins des arènes. Hors feria, quand on ne peut compter que sur les amateurs locaux, les spectacles organisés par les clubs taurins biterrois, incapables d’attirer plus de quatre cents spectateurs, se déroulent devant des gradins déserts. Tel est l’état réel de l’aficion locale. On nous ment quand on prétend que les Biterrois seraient friands de tauromachie.


3- Pour remplir une arène, il ne suffit pas d’organiser autour d’elle une fête de bonne tenue comme les Caritats ou la festa d’oc. Il faut que l’alcool coule à flot, libérant agressivité et pulsion sadique, altérant les frontières entre bon et mauvais goût, entre le bien et le mal et créant dans la ville une ambiance générale de transgression collective. Seule une feria orgiaque est capable de mener aux boucheries des arènes les foules qui, dans des conditions normales, n’y mettent pas les pieds.
Est-ce parce que la corrida a besoin d’une fête débridée que les pouvoirs publics tolèrent pendant la feria tout ce qu’ils répriment le reste de l’année : ivresse publique, tapage nocturne, rues transformées en poubelles et en urinoirs, agressivité, incivisme, alcool au volant ? »