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Compte rendu des actions COLBAC, 11 août 2018

En août 2018 la mairie et les clubs taurins de Béziers ont commémoré le cinquantième anniversaire de la feria de Béziers.
Le COLBAC a apporté sa contribution à cet événement par une journée entière d’action samedi 11 août.

TIENTA


A 11 h des militant(e)s se sont rassemblé(e)s sur les gradins des arènes pour découvrir ce qu’est une « tienta ». On appelle ainsi l’épreuve de sélection à laquelle les éleveurs de taureaux de corrida  soumettent toutes leurs génisses, quand elles atteignent l’âge d’un an environ, pour vérifier si elles possèdent les qualités exigées par l’éleveur. Les génisses recalées à cette épreuve sont envoyées à l’abattoir. Celles qui ont donné satisfaction deviendront vaches reproductrices, mères de taureaux de combat.
Une tienta imite les phases principales de la corrida mais ne comprend ni mise à mort ni effusion de sang. Les « qualités » que les éleveurs recherchent et sélectionnent sont principalement l’agressivité et ce qu’il faut bien appeler la stupidité. Si un taureau est « manso » (pas assez combatif) il ne peut y avoir ni combat ni spectacle. L’agressivité est donc la principale qualité recherchée en tauromachie. Il faut ensuite  que le taureau soit assez naïf pour charger les chiffons qu’on lui présente (capote ou muleta) au lieu d’attaquer les hommes qui brandissent ces chiffons. Ce manque de lucidité est hypocritement appelé « noblesse ». A l’inverse un animal qui s’en prend aux hommes  et pas aux chiffons est dit  « avisé », « assassin » et donc  intoréable.
L’entrée à la tienta du 11 août était gratuite. Les organisateurs espéraient par cette gratuité attirer une grande foule et notamment beaucoup de jeunes avec l’espoir de renouveler le public vieillissant des arènes.

La photo montre au contraire que, malgré la gratuité, les gradins étaient presque vides.


Nous avons exprimé à voix haute ce que nous pensions de la tauromachie en général, de la tienta en particulier et des parents indignes qui envoient leurs enfants affronter dans une tienta les cornes des génisses. Ce sont en effet les jeunes élèves de l’école taurine de Béziers qui évaluaient les génisses. Dans la photo ci-jointe on voit même que le « torero » est une fillette .
Nos réflexions  nous ont valu des répliques acides. Le ton est vite monté. Les organisateurs, craignant une bataille rangée, nous ont envoyé la police. Avec douceur et politesse nous avons été priés de quitter l’arène puisque le spectacle nous déplaisait. Comme la tienta se terminait nous sommes sortis sans résistance.

PIQUE-NIQUE  ET  DÉBAT



A 13 h quelques dizaines d’entre nous se sont retrouvés sous les frais ombrages du jardin public appelé « La Plantade » pour y pique-niquer d’abord en toute convivialité puis pour y débattre de l’élevage des bovins de corrida, à la suite de la tienta du matin.

MANIFESTATION

A 17 h une quarantaine de militant(e)s ont occupé, banderoles déployées, le rond-point Pierre Verdier. Devant nous piétons et automobilistes passaient par milliers pour se rendre à la feria ou aux arènes. A 18 h commençait en effet la première corrida de la feria 2018. Une bonne occasion d’interpeller les passants, de nouer le dialogue, de remettre des tracts. Notre action militante a été appréciée par la plupart des passants. Beaucoup nous ont exprimé leur soutien.

RETENTISSEMENT  MÉDIATIQUE

Notre manifestation au rond-point Pierre Verdier  a donné lieu à un compte rendu du Midi libre. Notre pique-nique débat à la Plantade a été couvert et répercuté par France 3. Enfin une jeune équipe de cinéastes qui réalisent un documentaire sur la corrida a filmé l’ensemble de notre journée du 11 août à quoi s’est ajoutée le surlendemain une longue interview filmée du président du COLBAC.