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PROMENADE EN FERIA DE BEZIERS 2016

FERIA DE  BEZIERS  (11-15 août 2016)

Béziers, ville de culture taurine, déclinante.

 

 

Selon le bulletin municipal la feria biterroise, en forte baisse de fréquentation,  a rassemblé en 2015 moins de 300000 personnes. Elle en rassemblait encore un million il y a  cinq ans...

 

Dans une ville de 75.000 habitants l'énorme afflux de visiteurs posait d’ insolubles problèmes de circulation, de stationnement, d’hébergement, d’hygiène… et de sécurité. Imaginez un camion de pompiers essayant de se frayer un chemin dans une foule compacte pour aller chercher des fêtards ivres morts ou les blessés d’une bagarre et pour les évacuer ensuite. Ajoutez-y un tapage nocturne assourdissant et cacophonique : les cris, les chants, les sono des casetas poussées à fond pour couvrir celles des concurrents et attirer les fêtards. Paradis pour ceux qui cherchaient à s’étourdir et à s’éclater. Enfer pour des milliers de Biterrois qui fuyaient Béziers à la mi-août. Telle était la feria il y a quelques années.

Et actuellement ?  Nous nous sommes promenés à travers la feria 2016 pour noter les changements. Depuis de nombreuses années, pour diviser l’énorme foule des fêtards et la rendre plus gérable,  la mairie a choisi d’éparpiller la feria en divers lieux éloignés les uns des autres qu’elle appelle « villages ». Chacun a sa spécialité. Le « village » occitan fait la promotion de la langue et de la culture occitanes.  Un autre « village » était spécialisé dans les danses sévillanes. La place Emile Zola attire les amateurs de bal à papa. Les amoureux de flamenco trouvent ce qu’ils aiment dans la cathédrale et au plateau des Poètes, etc…
Le 15 août 2016 nous nous sommes promenés dans la feria après 21 h, calepin à la main, pour noter les changements par rapport aux années précédentes.

Le recul de 2016
Dans la plupart des hauts lieux habituels la foule était très clairsemée ou carrément absente. Place Jean Jaurès on apercevait seulement quelques dizaines de convives attablés à la terrasse des bistrots et des restaurants. Devant les halles, haut perché sur un podium qui diffusait de la musique, un animateur se trémoussait pour tenter de « mettre le feu ». En vain : il n’ avait devant lui qu’une poignée de promeneurs très calmes et qui ne se laissaient pas enflammer. A l’intérieur des halles c’était pire. Un restaurateur avait installé une vaste terrasse pour une bonne centaine de convives. Personne n’y était attablé. Non loin de là, la place de la Madeleine, où se donnaient naguère de grands concerts, était noire et déserte. Place de la Victoire ni podium, ni animation, ni foule. Même constat place David d’Angers où autrefois on dansait des sévillanes.

Sur les allées Paul Riquet, cœur de la feria depuis toujours, le podium du « village de la 3ème mi-temps » (C’est son nom officiel) ne diffuse que de la musique enregistrée. Aucun fêtard ne chante ou danse. Il est 22 h. La foule est réduite à une cinquantaine de consommateurs buvant ou dînant tranquillement. Sur le parvis du théâtre municipal a été installé un immense podium capable d’accueillir les plus grands orchestres.  Vers 22 h un concert est en cours. C’est la seule animation des allées qui ait réussi à  attirer une grande foule. Elle ne danse pas, elle ne crie pas comme autrefois mais du moins il y a là plusieurs milliers d’auditeurs attentifs.
Avenue Saint-Saëns autrefois les tentes blanches des casetas formaient sur les 2 trottoirs 2 longues  brochettes. Ce 15 août 2016 on ne voit que 6 ou 7 casetas et la foule, autrefois dense, est très clairsemée. C’est seulement autour des arènes qu’on retrouve la feria d’antan : musique assourdissante, beaucoup de jeunes qui boivent, qui chantent, qui dansent, qui rient, qui s’appellent, qui « s’éclatent »…. et beaucoup d’ordures qui jonchent le goudron. C’est le seul endroit de cette feria 2016 où les gens n’aient pas l’air de s’ennuyer.

Quelques points positifs
L’alcool a coulé à flot en 2016 à Béziers comme dans toutes les ferias de France. Beaucoup de fêtards déambulaient un verre à la main et souvent une cruche dans l’autre main. Les contrôles effectués par les forces de l’ordre pendant la feria aux principales sorties de Béziers sur les conducteurs d’autos ont relevé en tout presque 200 alcoolémies dépassant le seuil autorisé. Mais l’abus d’alcool a été moindre que dans le passé. Le 15 août 2016 nous n’avons vu ni ivrogne titubant, ni ivrogne vomissant, ni malappris urinant sur les nobles façades des allées Paul Riquet, ni bagarres entre buveurs, ni comportements agressifs ou choquants. Le sol était même propre (grande nouveauté !), sauf autour des arènes. La feria biterroise, contrairement à ce que prétend le maire, n’est pas devenue pour autant une « fête familiale ». A part les spectacles du village équestre, la feria ne comporte pas grand-chose pour contenter les enfants. Mais la feria 2016 n’a pas été une bacchanale, une répugnante orgie de bruit et d’alcool. Elle est devenue un rassemblement presque tranquille, presque ennuyeux…

Conclusion
Pas étonnant qu’une telle feria ait perdu le quart de son public de 2015. Une feria débridée, violente, est indispensable pour attirer du monde aux corridas. Le déclin de la feria entraîne inéluctablement un effondrement de la fréquentation des arènes. Affaire à suivre…