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CORRIDA, un déclin inéxorable.

Le déclin de la corrida est inérorable.

DES SIGNES RÉVÉLATEURS
Sans que nous en ayons toujours conscience, la tauromachie recule en France depuis de nombreuses années. Actuellement ce recul s’accélère. Des faits récents le démontrent.

STATISTIQUES FRANCO-ESPAGNOLES

Entre 2007 et 2013 le nombre annuel des grands spectacles taurins (corridas de toros + novilladas piquées + corridas de « rejon ») est passé globalement, France et Espagne confondues, de 2239 à 1070. Soit une réduction de moitié en 7 ans. En aviez-vous conscience ? Quant aux petits spectacles taurins (novilladas sans picadors, becerradas, fiestas camperas, etc) leur nombre a selon toute vraisemblance diminué plus encore. Mais faute de statistiques officielles, tout chiffrage est impossible.

Le nombre des spectacles ayant brusquement chuté, on pourrait imaginer que les courses qui subsistent se déroulent dans des arènes pleines à craquer. Or c’est le contraire :
Même les plazas les plus prestigieuses (Madrid, Séville, Arles, etc) déplorent un repli du nombre de spectateurs. Ainsi à Béziers la première corrida de la saison 2014 eut lieu le dimanche 06 avril devant seulement 500 spectateurs malgré un temps superbe. L’arène, qui compte 13.000 places, était donc vide.

 

L’ARÈNE DE BÉZIERS DÉMOLIE ?

Contrairement aux apparences, l’arène de Béziers n’est pas propriété publique de la commune mais propriété privée d’une poignée d’actionnaires. Ces derniers louent le bâtiment à la mairie qui le sous-loue à Robert Margé, organisateur privé des corridas biterroises. Voici quelques mois celui-ci a publiquement offert d’acheter l’arène à ses propriétaires. Plusieurs d’entre eux ont refusé avec fracas, accusant Margé de vouloir acquérir le bâtiment pour le revendre à un promoteur immobilier qui démolirait cette arène vieillie, mal entretenue, en mauvais état et bien peu rentable, pour édifier à sa place, dans ce quartier résidentiel, des logements de luxe. Le complot ayant été éventé et sur pression de la mairie, Robert Margé a été contraint de retirer son offre d’achat. Éleveur de taureaux, directeur de carrière de divers matadors et organisateur de spectacles taurins, R. Margé est bien placé pour savoir que la corrida n’a pas d’avenir. Il est très révélateur que ce torobusinessman cherche à se reconvertir.

 

QUELLE RECONVERSION ?

Que Robert Margé et son fils Olivier songent à changer de métier, divers signes le montrent.

C’est ainsi qu’à côté des taureaux dits « de combat », la manade Margé a entrepris d’élever des bovins très différents, de la race écossaise « black angus ». Totalement dépourvus de cornes et donc impropres à la tauromachie, ces animaux, dont la chair est réputée, ne sont élevés que pour la boucherie. Les Margé vendent leurs « black angus » à de grands magasins d’alimentation (notamment Intermarché) des villes voisines entre Narbonne et Pézenas. Une habile publicité a commencé qui vante une chair d’exception, produite en élevage extensif, de façon « naturelle » sur les prés salés du delta de l’Aude, une marchandise non seulement «made in France » mais produite à proximité immédiate des lieux de vente et donc avec une « traçabilité » totale, une incomparable garantie de qualité.

D’autre part les Margé élèvent aussi des chevaux et ont ouvert une école d’équitation dans leur manade. S’ils sont obligés, dans un avenir proche, faute de débouchés, de renoncer à l’élevage des taureaux de corrida et à l’organisation de spectacles taurins, la reconversion et l’avenir de la famille Margé sont assurés.