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BÉZIERS, BILAN DE LA FERIA 2013

la corrida tuant l'Humanité, peintre inconnu des aficionados

Il fut un temps où l'industrie du meurtre en public, la corrida, était florissante.

Mais ça c'était avant, au temps où les sadiques nourrissaient une tradition ignoble et cruelle.

Aujourd'hui, grâce au mouvement anti corrida et à la crise économique, le déclin de cette industrie est reconnaissable comme le démontre le bilan de la feria 2013 de Béziers.

 

 

 

 

 

 

 

 

La vague de la corrida, après avoir submergé toute la France, reflue depuis le milieu du 20ème siècle. Elle a d’abord abandonné la moitié nord de la France (Qui se souvient que Paris a construit 3 arènes successives ?).

Puis la vague a déserté toutes les grandes villes méridionales (Bordeaux, Toulouse, Vichy, Marseille, et beaucoup d'autres accueillirent jadis des corridas).

Actuellement la corrida décline même dans les villages et les bourgades du Midi. Floirac (près de Bordeaux), Fenouillet (près de Toulouse), Collioure et Bourg-Madame (P.O.) Fréjus (Côte d’azur) ne figurent plus sur la carte taurine.

La crise économique, depuis 2008, en réduisant à la fois les subventions des mairies aux spectacles taurins et le pouvoir d’achat des spectateurs, contribue au recul des corridas. Béziers n’échappe pas à ce repli.

Voyons de plus près :

 

REFLUX DANS LES ARÈNES

Comme l’an dernier la feria biterroise s’étendait sur 5 jours mais au lieu de 5 corridas en 2012 le programme 2013 n’en comportait que 4. Le nombre des spectacles s’adapte au recul du nombre des spectateurs. Du coup Béziers a connu un jour de feria sans corrida. C’est la démonstration involontaire qu’une feria peut vivre sans massacre taurin.

Depuis de longues années à Béziers aucune corrida n’a réussi à remplir les gradins quelle que soit la réputation des taureaux et des toreros. En 2013 ni la corrida du samedi soir (jour propice à une bonne fréquentation) ni la corrida de clôture, malgré la présence des taureaux de Miura (le plus célèbre élevage d’Espagne) n’ont réussi à atteindre le seuil des 8.000 spectateurs alors que l’arène offre 13.000 places.

 

CORRIDA ET FERIA

Les ferias, ces fêtes municipales financées par les contribuables, ont été inventées par le milieu taurin pour attirer du monde dans les villes taurines et des spectateurs aux arènes. Sans une feria pour attirer le public, les corridas se dérouleraient devant des gradins vides et auraient disparu. C’est pourquoi, en France comme en Espagne, aucune corrida ne s’organise sans une feria autour d’elle. Or les ferias se font de plus en plus d’ennemis par leurs excès en tout genre : circulation bloquée, stationnement illicite mais généralisé sur les trottoirs, abus d’alcool, tapage nocturne, saleté, incivilités, violences, insécurité, conduite d’autos en état d’ivresse, etc. A Vic-Fezensac (Gers), la population, révoltée par tant d’excès, a exigé un référendum local qui a rejeté les ferias. A Béziers le quotidien Midi libre soutient à fond les ferias mais conscient de leur impopularité il tâche de caresser ses lecteurs dans le sens du poil par le truchement d’un journaliste anonyme qui pendant la feria sous le surnom de « roumegaïre » proteste contre les dérives les plus visibles de la bacchanale. Dans le Gard le préfet a menacé d’interdire les fêtes locales alors qu’elles produisent beaucoup moins de débordements que les ferias. Mais aucun préfet ne lèverait le petit doigt contre une feria, le milieu taurin étant intouchable. Les préfets tentent seulement, avec force tact et diplomatie, de civiliser les fêtes taurines. Peine perdue : une fête civilisée n’attirerait pas les amateurs de transgression, de violence et de sang indispensables pour remplir les arènes. La mairie de Béziers et la sous-préfecture en sont réduites à tenter de limiter la casse dans une orgie débridée par nature. On verra ci-dessous le résultat de leurs efforts.

 

CONDUITE EN ÉTAT D’IVRESSE

Une des plaies les plus dangereuses de la feria est que, vers 3 h du matin, quand la bacchanale prend fin, des dizaines de milliers d’automobilistes reprennent le volant alors que, ivres d’alcool, de bruit et de fatigue, ils sont hors d’état de conduire. Pour se donner bonne conscience ou faire croire qu’elles agissent les autorités locales ont installé cette fois-ci des barrages de gendarmerie avec contrôle d’alcoolémie aux 4 sorties principales de Béziers. Bilan officiel : 1296 contrôles ce qui implique que l’immense majorité des fêtards a pu quitter la ville sans être contrôlée.

 

REFLUX AUTOUR DES ARÈNES

Chaque feria installe sur les prestigieuses allées Paul Riquet et dans les plus nobles avenues un bidonville de casetas, répugnantes gargotes montées de bric et de broc sous une tente. Signe des temps : 37 casetas seulement en 2013 contre 45 il y a 2 ans. Autre signe : certains hauts lieux traditionnels de la feria (place de la Victoire, place de la mairie, pourtour des halles, etc) ont été cette année totalement exclus des animations. Le périmètre festif s’est donc rétréci. Enfin en déambulant samedi et dimanche de casetas en bodegas et des allées au village occitan, j’ai constaté que la foule était nettement moins dense que par le passé. Sur les allées on était toujours aussi assourdi par l’inflation des décibels mais on pouvait respirer et circuler sans marcher sur les pieds d’autrui.

 

Le recul quantitatif de la feria

accompagne donc le déclin de la corrida.

Olé !