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1er avril 2012. Discours du calife devant les arènes de Béziers/Bagdad.

1er avril 2012, cérémonie du COLBAC anti corrida.En ce premier avril 2012, pour quelques heures la sombre Béziers devenait une illustre Bagdad aux bons soins du COLBAC.

Ainsi, assisté de son grand vizir et des puissants de son royaume,  le calife de la cité , loué soit son nom par la grâce des sévices éternels !, dispensait sa bonne parole au non moins bon peuple. Devant les arènes cruelles.

 

 

Pour entendre son discours... Merci de cliquer sur la suite.

 

 

 

 

Discours du président du COLBAC

Déguisé pour la circonstance en calife de Bagdad

Prononcé le 1er avril 2012 devant les arènes (extraits)

 

Bagdadis, Bagdadas,

Votre calife est heureux de s’adresser à son peuple !

Je commencerai par un aveu : pendant tout mon règne j’ai constamment soutenu la corrida et je l’ai grassement financée avec vos impôts. Pire : chaque année j’ai grassement subventionné l’école taurine de Bagdad, une école qui ne vit que de fonds publics et qui apprend à des enfants à torturer et à tuer. Je me repens, je me repens…

Pour ma défense laissez-moi quand même vous rappeler que tous les califes qui m’ont précédé sur le trône de Bagdad ont soutenu et subventionné eux aussi la tauromachie. J’ai seulement été encore plus loin qu’eux dans le soutien au milieu taurin.

Essayez de me comprendre : les ouvriers, les employés, les balayeurs de rue, les videurs de poubelles, bref les couches inférieures de la société sont unanimement anticorrida. Mais les notables, les nantis, les grands de ce monde, ceux qui tiennent le haut du pavé, eux, fréquentent les arènes et surtout  les clubs taurins. C’est dans les clubs taurins, dans les cocktails des clubs taurins, dans les réceptions des clubs taurins, dans les soirées de gala et autres mondanités organisées par les clubs taurins que se rencontrent les élites sociales, le gratin,  les gens qui comptent. C’est là que hommes d’affaires et hommes politiques entrent en contact, font connaissance, nouent des relations fructueuses pour les affaires des uns et la carrière des autres.

Mettre fin à la corrida c’est donc s’opposer à l’élite sociale.  Un calife, malgré les pouvoirs dont il dispose,  peut-il s’opposer aux couches supérieures de la société ?

D’ailleurs demandez à l’Emir Sarkozy et au pacha Hollande s’ils ont l’intention d’abolir la corrida. Demandez-le à Maryam abou Lepen. Demandez-le à Malik Merluchon. Même Fatima Joly, pourtant étiquetée « écologiste », regarde en l’air et vous tourne le dos quand vous lui demandez si elle veut abolir la tauromachie. Pourtant les politiciens savent bien tous que les électeurs, dans leur immense majorité, condamnent la tauromachie. Mais les politiciens gouvernent en s’appuyant sur les notables,  sur les élites, pas sur les petits, sur les obscurs, sur les sans grade.

Regardez au conseil municipal de Bagdad sur Orb : sur 49 membres, un seul s’affiche anticorrida. Il a du cran, celui-là : je lui tire mon turban. Au conseil régional c’est encore plus net : Sur 70 membres, pas un seul ne lève le petit doigt contre la tauromachie. Pire : quand le COLBAC écrit à ces 70 caïds pour savoir quelles subventions ils ont accordées au milieu taurin, pas un seul n’accepte de répondre, alors que la transparence financière est le premier devoir de ceux qui manient et dépensent l’argent public, l’argent de vos impôts.

Demandez donc au sultan d’Arles ou au sultan de Nîmes d’organiser un  référendum pour la poursuite ou l’abolition des corridas. Ils ne veulent pas entendre parler de référendum parce qu’ils savent que ce scrutin donnerait une écrasante majorité aux anticorridas.

Comme suite au référendum il ne nous reste plus qu’à rebaptiser la place publique où nous sommes. Elle a reçu malencontreusement le nom d’un tueur professionnel, d’un serial killer et d’un amateur de banderilles. En vertu des pouvoirs qui me sont conférés et sur proposition du grand vizir je donne à cette place le nom d’un  des plus grands hommes de Bagdad, un géant de l’art, du théâtre, de la culture et de l’éducation populaire : Fernand  Castelbon de Beaux hostes grâce à qui Bagdad et ses arènes pendant de longues années brillèrent dans tout l’Orient des mille feux de la gloire.

Comme disaient les anciens Romains : «Mementote ». Conservez sa mémoire.

1er avril 2012, plaque installée par le COLBAC, anti corrida.